Affaire Ma Dalton : le procès tant attendu de la meurtrière mythique
Une affaire judiciaire longue et complexe
Surnommée «Ma Dalton», Marie-Thérèse Garcia doit être jugée dès ce mardi 16 juin pour le meurtre de Corinne Di Dio, dont le corps a été retrouvé démembré dans une malle flottant sur la Seine il y a plus de 30 ans.
Ce procès, très attendu, fait suite à une enquête qui s’est étendue sur plusieurs décennies. En juin 1995, le corps de Corinne Di Dio, alors âgée de 37 ans, a été repêché dans une caisse métallique dérivant sur la Seine près de La Roquette, dans l’Eure. La victime avait été décapitée, avec les pieds et mains coupés, et présentait quatorze coups de couteau, dont plusieurs mortels au thorax. Son identification n’a été possible qu’en 1997, grâce à des analyses ADN.
Les premières pistes et les rebondissements
Les soupçons se sont rapidement portés sur Marie-Thérèse Garcia, qui connaissait bien la victime. Elle déposait régulièrement son fils chez elle, à Saint-Hilarion dans les Yvelines. L’enquête indique que le mobile pourrait être une rivalité sentimentale entre Marie-Thérèse et Corinne Di Dio, ainsi qu’un enjeu de garde concernant leur fils Romain.
Cependant, l’affaire a connu plusieurs retournements. Deux non-lieux ont été prononcés, en 2000 puis en 2008, faute de preuves suffisantes. D’autres pistes ont été explorées, notamment celle de Jean-Jacques Maurice, un ancien petit ami de la victime, figure du grand banditisme dans les années 1980. Cet homme aurait nourri une rancune contre Corinne Di Dio après qu’elle a témoigné contre lui. Il s’est suicidé en prison en 1997, empêchant toute poursuite à son encontre.
Réouverture de l’enquête
Après un non-lieu en 2008, l’affaire a été rouverte en 2012. Les écoutes téléphoniques d’une petite-fille de Marie-Thérèse Garcia, qui évoquait avoir vu «une bonne femme se faire couper en morceaux» dans sa jeunesse, ont relancé l’enquête. Depuis le début de la procédure, Marie-Thérèse Garcia, aujourd’hui âgée de 79 ans, clame son innocence. Elle a été mise en examen et placée en détention provisoire en mai 2023.
Les éléments à charge et la défense
En amont du procès, l’avocate de l’accusée, Me Najwa El Haïté, a souligné que l’enjeu serait de démontrer qu’il n’y a aucun élément nouveau par rapport aux deux non-lieux précédents.
Parmi les preuves retenues, des cheveux trouvés dans la malle contenant le corps ont été analysés. Leur profil mitochondrial pourrait correspondre à celui de Marie-Thérèse Garcia. Cependant, la défense estime que ces traces ne constituent pas une preuve concluante, notamment parce que leur couleur diffère de celle des cheveux de l’accusée à l’époque.
Plusieurs témoignages ont également pesé contre Marie-Thérèse Garcia, notamment ceux de Romain, d’une de ses filles et de son ex-compagnon, qui est aussi le frère d’Antonio Gomez Marquez. Ces témoignages évoquent un contexte familial difficile, marqué par des conflits patrimoniaux et des procédures judiciaires.
Le surnom peu flatteur de «Ma Dalton» lui a été attribué par son ex-mari, qui la décrit comme «manipulatrice» et «tordue», à l’image du personnage de la bande dessinée Lucky Luke.
Les avocats de la défense mettent en avant l’âge avancé de leur cliente, ainsi que son état de santé qui «se détériore de jour en jour», ce qui pourrait influencer le déroulement du procès.
Le contexte et les enjeux du procès
Le procès, qui doit durer plus de deux semaines, représente pour la famille Di Dio une étape importante dans la recherche de vérité. Les parties civiles, représentées par l’avocat Me Joseph Cohen-Sabban, expriment leur détermination à faire toute la lumière sur cette affaire et à rendre hommage à la mémoire de Corinne Di Dio. Le verdict est attendu pour le 3 juillet.



Laisser un commentaire