Pédocriminalité : « Pas de la justice, de la mise en scène »… Les méthodes de Finnyzyy critiquées par des associations

Les lives viraux du streamer Finnyzyy, qui a piégé un sexagénaire à Vesoul en se faisant passer pour une adolescente de 14 ans grâce à l’IA, font polémique

L’essentiel

  • Les lives viraux du streamer Finnyzyy, qui piège des prédateurs en direct grâce à l’IA, font polémique au sein des associations de protection de l’enfance et parmi les autres chasseurs de pédocriminels.
  • Des associations comme Innocence en Danger, Team Moore et Team Eunomie dénoncent des méthodes spectaculaires mais risquées, susceptibles de compromettre les enquêtes ou de détruire des preuves.
  • L’association 211 Organisation, à laquelle appartient Finnyzyy, défend son approche et affirme que l’IA « ne crée pas l’intention, mais la révèle ». Elle ne répond cependant pas aux critiques sur la diffusion en direct des opérations.

Après le buzz, le bad buzz. Finnyzyy, le streamer de 21 ans qui a piégé en direct Dominique B., un ancien cadre du sport scolaire à Vesoul (Haute-Saône), en se faisant passer pour une collégienne de 14 ans grâce à l’IA, voit son approche de plus en plus décriée. Ses lives viraux, suivis par des dizaines de milliers de personnes, sont critiqués par d’autres chasseurs de pédocriminels et par des associations de protection de l’enfance, qui jugent ses méthodes spectaculaires mais risquées pour les enquêtes en cours.

Dans un communiqué, Homayra Sellier, présidente d’Innocence en Danger, dénonce son « irresponsabilité » :

« Exposer publiquement le visage et le nom d’un individu avant toute procédure sérieuse ne relève pas de la justice, mais de la mise en scène. »

Elle met en garde contre les risques de ces méthodes : un pédocriminel repéré « peut effacer des conversations, supprimer des fichiers ou même disparaître avant l’intervention des autorités. » Pour elle, il existe « une différence fondamentale entre agir avec rigueur et jouer au justicier devant une caméra. » Et d’insister : « La discrétion, la patience et la coopération avec les enquêteurs sont des principes essentiels. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est efficace. »

« On ne fait jamais de provocation ni d’incitation »

D’autres associations, qui travaillent dans l’ombre depuis des années, partagent ces réserves. Neila Moore, présidente de Team Moore, association qui se définit comme pionnière en France dans la lutte contre la pédocriminalité en ligne depuis 2019 et forte d’une cinquantaine de bénévoles, préfère ne pas commenter directement l’action de Finnyzyy. Elle insiste en revanche sur l’approche rigoureuse mise en place par son équipe. « On va utiliser une démarche qui respecte la législation française. Le but est de ne pas créer des vices de procédure qui pourraient nuire à des enquêtes », explique-t-elle.

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Source : 20 minutes

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