Attentats en Europe : un groupe pro-iranien prêt à frapper à tout moment
Depuis le début de la guerre en Iran, un groupuscule pro-iranien nommé HAYI revendique plusieurs attaques en France et en Europe. Selon nos informations, les services de renseignement estiment qu’il pourrait s’agir d’un faux-nez de Téhéran, agissant de façon partielle, même après l’élimination de certains hauts responsables militaires iraniens.
Une opération nocturne à Paris le 28 mars, impliquant un explosif artisanal et l’utilisation de téléphones portables, a été déjouée. L’enquête judiciaire pourrait un jour établir un lien direct avec l’Iran, mais à ce stade, aucune preuve formelle n’a été apportée. Cependant, les services de renseignement suspectent Téhéran d’être à l’origine de cette tentative d’attentat.
Dès le 1er avril, le parquet national antiterroriste (PNAT) a relié cette attaque à HAYI, un groupe pro-iranien. Ce dernier avait publié, le 21 mars, une vidéo menaçant directement une banque ciblée. La France considère aujourd’hui HAYI comme un faux-nez de Téhéran opérant depuis l’Europe.
Plusieurs attaques revendiquées en Europe
HAYI, apparu en mars 2026, a rapidement montré une activité intense et transfrontalière. Sur Telegram, il revendique des attaques à l’explosif contre des cibles juives, israéliennes ou américaines, en France, aux Pays-Bas et en Belgique. Le 9 mars, une bombe a explosé devant une synagogue à Liège. Le 12 mars, une autre synagogue à Rotterdam a été attaquée. Le 14, une école juive à Amsterdam a été visée. En avril, d’autres pays, comme l’Allemagne et la Macédoine du Nord, ont été ciblés.
Certaines de ces actions ont été filmées. Les vidéos de menaces montrent des lieux avec des cibles marquées sur Google Maps par des points rouges clignotants. Ces messages sont alarmants, notamment celui du 21 mars, qui menace la Bank of America. Certaines vidéos montrent également des explosions.
Les logos utilisés par HAYI ressemblent à ceux du Hezbollah, des milices chiites irakiennes, ou des Gardiens de la révolution iranienne. Fin mars, la France recensait environ 10 attaques attribuées à ce groupe, un chiffre qui aurait doublé pour atteindre une quinzaine d’incidents. La dernière revendication concerne une tentative d’incendie contre la chaîne « Iran International » à Londres, le 15 avril.
« Réponse asymétrique » de Téhéran
Selon des sources sécuritaires, cette recrudescence d’actes terroristes en Europe serait une « réponse asymétrique » de Téhéran à la guerre en cours. Le commandement militaire iranien a été touché par des bombardements, notamment sur le ministère du Renseignement, responsable des opérations à l’étranger.
Il semble que Téhéran ait donné le feu vert à ses agents en Europe pour qu’ils mènent des actions vengeresses, sans avoir besoin d’un ordre direct. Les services s’inquiètent également de la radicalisation de certains individus sur leur sol, notamment des chiites irakiens. La France, qui héberge d’anciens combattants de milices irakiennes, surveille particulièrement quinze personnes suspectées d’avoir des liens avec l’Iran ou le Hezbollah.
Recrutements dans la petite délinquance
L’Iran agit souvent de façon clandestine, en utilisant des intermédiaires pour ses opérations. La Force Al-Qods, unité d’élite des Gardiens de la révolution, recrute fréquemment des personnes issues de la petite délinquance. Lors de l’arrestation à Paris fin mars, trois mineurs et un adulte ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste ».
Selon des sources judiciaires, ces jeunes, sans antécédents, ont expliqué avoir été recrutés le 26 mars par un homme qu’ils désignent comme « le Grand ». Ce dernier, le seul adulte du groupe, Walik D., 21 ans, connu pour des faits de trafic de drogue, leur aurait fourni de l’argent pour poser un explosif devant l’immeuble d’une ex-petite amie infidèle. Il leur aurait remis une partie de la somme.
Dans la nuit du 27 au 28 mars, deux de ses recrues ont placé un engin composé d’un pétard puissant et d’un bidon d’essence devant le siège de la Bank of America à Paris. L’explosion aurait pu provoquer un feu important, selon le parquet national antiterroriste.
Implication d’acteurs étrangers dans d’autres attaques
La suspicion d’une implication étrangère est également présente dans d’autres incidents en Europe. Le 8 mars, l’ambassade des États-Unis à Oslo, en Norvège, a été visée par une bombe. Trois frères d’origine irakienne, tous chiites, ont été arrêtés peu après. Le dernier a reconnu avoir déposé l’engin explosif.
Les renseignements soupçonnent aussi HAYI d’être impliquée dans une fusillade aux Pays-Bas, le 19 mars. Un policier néerlandais d’origine iranienne a été gravement blessé lors d’une attaque à Schoonhoven. La police étudie cette piste terroriste.
Une tentative d’assassinat remonte à novembre 2023 en Espagne, où un ancien vice-président du Parlement européen a été visé par une fusillade près de Madrid. Là aussi, la piste iranienne et l’implication de réseaux recrutés en Europe sont évoquées.
Les services de renseignement européens ont également détecté l’arrivée d’un commando des Forces Al-Qods en Europe, ainsi que des recrutements dans la pègre marocaine pour mener des opérations contre des intérêts israéliens en France.



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