Éric Dupond-Moretti en justice pour diffamation contre un ancien juge
Une audience pour diffamation à Paris
Ce jeudi 16 avril, Éric Dupond-Moretti, ancien ministre de la Justice, doit comparaître devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Il est poursuivi pour diffamation par Édouard Levrault, un ancien juge. L’ancien ministre sera représenté par son avocate, Me Jacqueline Laffont, car il ne sera pas présent lors de l’audience. La décision du tribunal sera rendue après le délibéré.
Les faits à l’origine du procès
Le litige porte sur le spectacle d’Éric Dupond-Moretti intitulé J’ai dit oui et deux de ses livres, J’ai dit oui et Juré, craché, publiés respectivement en février et septembre 2022. Dans ces ouvrages, l’ancien ministre affirme que le juge Levrault aurait violé le secret de l’instruction lorsqu’il était en fonction. Édouard Levrault considère ces propos comme gravement diffamatoires et a saisi la justice. Il réclame environ 30 000 euros de dommages-intérêts.
Conflit entre Éric Dupond-Moretti et le juge Levrault
Le conflit remonte à plusieurs années. La relation entre les deux hommes a commencé à se détériorer lorsque Dupond-Moretti était avocat et a qualifié les méthodes du juge Levrault de « méthodes de cow-boy » dans une affaire qui les opposait. En juillet 2020, après sa nomination comme ministre, Éric Dupond-Moretti a lancé des enquêtes administratives contre quatre magistrats, dont Levrault. En septembre 2022, le Conseil supérieur de la magistrature a confirmé que le juge n’avait pas divulgué d’informations secrètes lors d’une interview, ce qui représentait une victoire pour lui et une défaite pour le ministre.
Par ailleurs, Éric Dupond-Moretti a été jugé pour « prise illégale d’intérêts » par la Cour de justice de la République, accusé d’avoir utilisé ses fonctions ministérielles pour régler ses comptes avec certains magistrats, dont Levrault. En novembre 2023, la Cour l’a finalement relaxé.
Les accusations de la partie civile
Selon Édouard Levrault, Éric Dupond-Moretti a continué d’affirmer dans ses spectacles et ses livres qu’il avait « violé le secret de l’instruction » alors qu’il a été blanchi par le CSM. Levrault estime que ces propos témoignent d’une « animosité et d’une intention de nuire » de la part de l’ancien ministre. Son avocat, Me François Saint-Pierre, dénonce une diffamation de mauvaise foi, sans aucune base factuelle.



Laisser un commentaire