Un Ex-patron de l’Office des Stups condamné pour trafic de 7 tonnes de cannabis
Condamnation de l’ex-patron de l’Office des stupéfiants
Après un mois de procès, le tribunal correctionnel de Bordeaux a rendu sa décision ce mardi. François Thierry, ancien chef de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), a été reconnu coupable d’avoir aidé à un trafic de drogue. Il a été condamné à un an de prison avec sursis pour sa participation à l’acheminement de sept tonnes de cannabis en 2015, en plein Paris.
Alors que le parquet avait demandé sa relaxe, le tribunal a jugé que François Thierry avait « apporté son aide à un trafic » de stupéfiants. La peine prononcée comprend une dispense de mention sur le casier judiciaire.
Le commissaire, qui occupe actuellement un poste au Service de la transformation numérique de la police nationale, est parti du tribunal sans faire de commentaires. Son avocat, Me Francis Szpiner, a exprimé son mécontentement, estimant que la condamnation était injuste et annonçant un appel.
Un contexte judiciaire complexe
Lors de l’instruction, le parquet avait requis un non-lieu, se disant « pas convaincu » de la responsabilité pénale de François Thierry. Cependant, le tribunal a estimé qu’il avait agi « hors cadre juridique ».
Les juges lui ont reproché notamment de ne pas avoir surveillé une cargaison de plusieurs tonnes, alors que cette livraison était censée faire l’objet d’une surveillance policière. La présidente du tribunal a indiqué que le commissaire était conscient de participer à un trafic, tout en s’étant « opposé aux investigations » d’autres services et en ayant « facilité » le transfert de stupéfiants. Elle a également mentionné la « soustraction » d’un téléphone utilisé pour communiquer avec Sophiane Hambli.
Procès de Sophiane Hambli et autres acteurs
Sophiane Hambli, considéré par le tribunal comme le « seul commanditaire » de la drogue, a été jugé en son absence. Il est actuellement détenu au Maroc et condamné à la peine maximale de 20 ans de prison. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui.
Le tribunal a reconnu que l’importation de la drogue, entrée sur le territoire dans un cadre légal, n’impliquait pas la responsabilité du policier. En revanche, il a retenu sa complicité dans le transport et l’exportation de la marchandise.
Un procès marqué par des stratégies controversées
Tout au long du procès, François Thierry a nié avoir été trop impliqué avec son informateur, soulignant que cette relation lui avait permis de réaliser de belles prises. Il a aussi défendu la stratégie d’infiltration qu’il avait mise en œuvre, consistant à laisser entrer la drogue pour pouvoir démanteler les réseaux par la suite.
Il a notamment organisé une garde à vue fictive de Hambli en 2012, une opération pour laquelle il a été acquitté en 2024. En 2015, une autre opération a permis aux douanes de découvrir de la drogue dans plusieurs fourgonnettes boulevard Exelmans, à Paris. Le commissaire a reconnu des « erreurs » mais nié toute intention délictueuse.
Un « naufrage opérationnel »
Le commissaire a également déclaré que l’opération avait été un « naufrage opérationnel », admettant des erreurs dans la gestion des affaires. Il a expliqué avoir utilisé une stratégie d’infiltration pour remonter les filières, quitte à laisser entrer la drogue pour attraper les têtes de réseau.
Ce type de stratégie a été critiqué, notamment en raison de risques et de résultats mitigés. La justice a souligné que cette approche avait permis de faire avancer l’enquête, malgré ses limites.



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