Yvan Colonna : Vers un procès pour assassinat 4 ans après sa mort

Quatre ans après la mort d’Yvan Colonna, le parquet demande un procès pour assassinat

Yvan Colonna, militant indépendantiste corse, est décédé en mars 2022 après avoir été agressé par un autre détenu à la maison d’arrêt d’Arles. Il purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Érignac en 1998.

Ce vendredi 20 mars, le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé à l’AFP qu’il demandait l’ouverture d’un procès pour assassinat en lien avec une organisation terroriste contre Franck Elong Abé, l’agresseur mortel d’Yvan Colonna.

Yvan Colonna avait été condamné en 2012 à la réclusion à perpétuité pour le meurtre du préfet. En mars 2022, il avait été agressé par Franck Elong Abé à la maison d’arrêt d’Arles. Il est décédé quelques semaines plus tard dans un hôpital de Marseille.

Franck Elong Abé, qui purgeait plusieurs peines, dont neuf ans pour association de malfaiteurs terroriste, était en liberté conditionnelle depuis décembre 2023. Il était considéré comme un détenu particulièrement signalé depuis novembre 2015 en raison de sa dangerosité et de son comportement violent.

Une version contestée et des accusations de commanditage

Lors de ses premiers interrogatoires, Franck Elong Abé a expliqué s’en être pris à Yvan Colonna pour un blasphème contre le prophète Mahomet. Il a affirmé avoir agi seul, sans lien avec un groupe.

En mars 2024, il a évoqué dans un courrier au juge d’instruction une « acte commandité » par des personnes qu’il considérait comme des agents de l’État. Le ministère de l’Intérieur a rapidement démenti ces allégations.

Une commission d’enquête parlementaire dénonce des défaillances

Une commission d’enquête parlementaire, publiée en mai 2023, a mis en lumière de graves failles dans la gestion de cette affaire. Elle a pointé des « dysfonctionnements » dans l’établissement pénitentiaire, notamment en ce qui concerne l’évaluation de la dangerosité de Franck Elong Abé et le traitement réservé à Yvan Colonna.

Une enquête préliminaire a été ouverte en 2023, suite aux signalements de Jean-Félix Acquaviva et Laurent Marcangeli, mais elle a été classée sans suite en octobre 2025 par le parquet de Tarascon.

En février de la même année, l’État a été condamné par le tribunal administratif de Marseille à verser 75 000 euros aux héritiers d’Yvan Colonna. La justice a retenu des manquements de l’administration pénitentiaire, notamment un défaut de surveillance.

Réactions et contexte

Après la mort d’Yvan Colonna, de nombreuses manifestations ont eu lieu en Corse, notamment par des lycéens et étudiants. Ces rassemblements ont parfois dégénéré en débordements.

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