Il vole 240 000 € aux organismes sociaux en toute impunité
Un homme de 54 ans vole près de 240 000 euros aux organismes sociaux
Pendant deux ans, un homme a trompé plusieurs organismes sociaux en France en se créant une vie administrative totalement fictive. Les policiers de Nantes ont découvert un escroc de 54 ans, de nationalité franco-allemande, spécialisé dans la fabrication de faux papiers. France Travail, la Caisse d’allocations familiales (CAF) et la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ont été dupées sans se douter de rien.
Selon La Dépêche, cet homme avait élaboré une méthode bien rodée : il créait dix identités différentes, avec des documents en apparence en règle, pour ouvrir des droits à l’assurance-chômage. En exploitant notamment les règles concernant les travailleurs frontaliers ayant travaillé en Suisse, il a perçu environ 12 000 euros par mois en allocations chômage. Au total, le préjudice s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros sur deux ans. Un détail, apparemment insignifiant, va tout faire basculer.
Un escroc à La Baule avec des identités multiples
Le point de départ de cette affaire est un homme installé à La Baule, en Loire-Atlantique. Son profil administratif était très confus : dans les bases des administrations, il apparaissait comme ayant vécu à Biarritz, à Paris ou en Aveyron, créant ainsi plusieurs vies parallèles. Les enquêteurs ont découvert qu’il fabriquait de faux passeports, de faux tests de Covid-19 positifs et de fausses déclarations pour crédibiliser ses identités.
Grâce à ces personnages fictifs, il se présentait comme un travailleur ayant exercé en Suisse puis revenu en France, ce qui lui permettait de bénéficier d’indemnités. Le régime des frontaliers prévoit en effet que la France verse une allocation de retour à l’emploi lorsque la personne réside sur son territoire. En multipliant les dossiers sous de fausses identités, il a pu générer plusieurs revenus frauduleux.
La découverte grâce à un courrier de la CPAM
L’affaire commence à se dénouer en 2024 lorsqu’un habitant de Loire-Atlantique reçoit un courrier de la CPAM qui ne lui est pas destiné. Curieux, il se rend dans une agence pour signaler cette erreur. Les agents examinent alors le dossier du destinataire, déjà signalé par la police, et constatent que la photo d’identité est aussi utilisée dans plusieurs autres dossiers d’allocataires.
Le service anti-fraude de la CPAM alerte rapidement ses homologues. Le dossier est transmis à l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) à Nantes. L’enquête révèle que cet homme a construit plusieurs profils sociaux, chacun percevant des prestations différentes auprès des organismes. Au total, les versements indus s’élèvent à 239 000 euros sur deux ans, avec un chômage mensuel exceptionnel pour un seul bénéficiaire.
Une faille dans le système des organismes sociaux
Cette affaire met en lumière une vulnérabilité importante : le traitement séparé des données par France Travail, la CAF et la CPAM. Chaque organisme ne voit qu’une partie du puzzle, ce qui permet à un fraudeur expérimenté de se glisser entre les mailles du filet en créant plusieurs identités. Sans recoupement systématique des photos, adresses ou pièces justificatives, il est difficile de repérer ces fraudes sur le long terme.
Interpellé une première fois en mars 2025, le suspect a reconnu certains faits lors de sa garde à vue, selon La Dépêche. Les enquêteurs n’ont pas retrouvé l’argent détourné, l’homme affirmant l’avoir entièrement perdu aux jeux. Il doit être jugé en 2027 pour fraude aux allocations chômage, une infraction qui peut entraîner jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 375 000 euros.



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