Tariq Ramadan en fuite : le procès se poursuit sans lui

La cour criminelle départementale de Paris a délivré ce vendredi un mandat d’arrêt contre Tariq Ramadan, absent depuis le début de son procès lundi 2 mars. La justice a également décidé de le juger par défaut.

Le procès du célèbre islamologue, âgé de 63 ans, a commencé lundi dernier, mais il ne s’est pas présenté. Selon ses avocats, il a été hospitalisé deux jours avant l’ouverture du procès à Genève, en Suisse, en raison d’une poussée de sclérose en plaques. La présidente de la cour a alors ordonné une expertise médicale pour évaluer l’état de santé de l’accusé.

Ce vendredi, les experts ont rendu leur rapport. Ils ont conclu que la sclérose en plaques dont souffre Tariq Ramadan est stable, sans signe de poussée récente. Lors de l’audience, la cour a également lu un courrier d’un médecin de l’accusé, transmis par sa défense. Dans ce courrier, le médecin indique que Tariq Ramadan, sorti de l’hôpital la veille, est « vidé de son énergie vitale » et recommande une période de repos de dix jours avant qu’il comparaissent.

Une décision de justice stricte

Pour l’avocat général Philippe Courroye, cette situation ne justifie pas un report du procès. Il a donc demandé que Tariq Ramadan soit jugé par défaut et qu’un mandat d’arrêt international soit prononcé à son encontre.

De son côté, l’avocat de la victime, Me David-Olivier Kaminski, a déclaré que Tariq Ramadan semble vouloir faire obstacle à la justice.

Accusé déjà condamné en Suisse pour un viol sur une femme, Tariq Ramadan doit comparaître jusqu’au 27 mars à Paris. Il est poursuivi pour des viols qu’il aurait commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, ce qu’il nie. Ces affaires concernent :

  • Un viol aggravé avec violences, en 2009 à Lyon, sur une femme prénommée Christelle (prénom d’emprunt),
  • Un viol en 2012 à Paris, sur Henda Ayari, qui a porté plainte en 2017,
  • Un autre viol en 2016 sur une troisième femme.

Si reconnu coupable, il risque jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.

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