Le Bûcheron de Besançon jugé pour chantage à la sextape sur 40 jeunes
Un jeune bûcheron de Besançon jugé pour chantage à la sextape
Un homme de 25 ans, bûcheron à Besançon, sera jugé dès lundi devant la cour criminelle du Doubs. Il est accusé d’avoir convaincu plus de 40 adolescents de lui envoyer des photos et vidéos intimes, en se faisant passer pour une femme.
Les faits, qu’il reconnaît, concernent des manipulations sur des jeunes de son entourage scolaire, amical ou professionnel. Certaines victimes ont été menacées de diffusion de leurs images, ce qui aurait abouti à des relations sexuelles, voire à des viols.
L’audience, qui doit durer jusqu’au 27 mars, sera l’occasion pour la cour de décider si les débats se tiendront à huis clos, en fonction des demandes des parties civiles.
Détenu, l’accusé doit répondre de plusieurs chefs d’accusation : viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel et atteintes à la vie privée. Il encourt jusqu’à 20 ans de réclusion.
Des victimes « ravagées »
Les faits se sont déroulés entre 2018 et 2023. Parmi les victimes, sept ont dénoncé des viols. La majorité étaient mineures au moment des faits.
Le procès a débuté suite à une plainte déposée en 2021 par un adolescent, qui avait dénoncé des agressions sexuelles. L’enquête menée par la gendarmerie a révélé la présence de dossiers contenant des photos et vidéos de victimes, stockés sur le téléphone et l’ordinateur du suspect.
Les enquêteurs ont décrit un mode opératoire constant : sous un faux profil de femme sur les réseaux sociaux, le jeune homme contactait des garçons proches ou de son entourage. Il obtenait des photos intimes, parfois en train de se masturber, puis faisait du chantage pour obtenir des relations sexuelles ou pour éviter la diffusion de ces images.
Des victimes « ravagées » par l’affaire
Le procureur a indiqué que plusieurs jeunes, aujourd’hui âgés de 20 à 25 ans, ont été profondément affectés par ces événements. La majorité ne souhaite plus parler de ce qui s’est passé, et beaucoup ressentent une honte injustifiée.
Me Jean-Baptiste Euvrard, avocat de quatre victimes, a souligné que ces adolescents ont été contraints de se plier au chantage, dans un contexte marqué par l’omerta dans un milieu rural et agricole.
Les débats chercheront à comprendre les motivations de l’accusé. Selon ses avocats, il sera essentiel d’étudier sa personnalité, son environnement familial, et la manière dont il a évolué, notamment en lien avec sa sexualité.



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