Sexisme et agressions : la fin du vélo pour 41 % de femmes
Une majorité de femmes cyclistes victimes de comportements agressifs ou sexistes
Selon une étude menée par l’Institut Flashs pour le site materiel-velo.com, 41 % des femmes qui se déplacent à vélo ont déjà été confrontées à des comportements agressifs ou sexistes dans l’espace public. Parmi elles, une majorité ont décidé d’arrêter de faire du vélo à cause de cette insécurité sociale persistante.
Des chiffres alarmants, surtout chez les jeunes
Chez les femmes âgées de 18 à 24 ans, ce taux monte à 58 %. Ces agressions concernent aussi bien la verbalisation que les actes, ajoutant une double source de danger pour les femmes à vélo. Les témoignages recueillis montrent que ces agressions viennent de toutes parts : piétons, automobilistes ou autres cyclistes.
Des témoignages révélateurs
Une cycliste parisienne raconte par exemple : « On me traite de grosse pute parce que j’étais en robe à ce moment-là. On me dit ‘on peut voir ta culotte’, alors qu’on ne voyait rien ». Elle mentionne aussi avoir été bousculée par des piétons ou des hommes qui tentaient de la pousser.
Les agressions ne se limitent pas aux insultes ou bousculades. Certaines femmes sont lourdement draguées à un feu rouge, suivies en voiture, ou insultées après avoir refusé de donner leur numéro de téléphone. Face à ces situations répétées, beaucoup modifient leur comportement et évitent certaines tenues. Une cycliste explique : « Moi maintenant j’arrête la petite jupe ou le petit short. C’est du legging, mais pas de collants ».
Une peur qui pousse à arrêter le vélo
Ce contexte d’insécurité pousse plusieurs femmes à renoncer à leur pratique du vélo. Selon le sondage, 57 % d’entre elles arrêtent de faire du vélo régulièrement, ou de se promener à vélo. Sonia, une cycliste, témoigne : « C’était à chaque fois des hommes. Soit parce que je les dépassais, ou parce que j’avais mis un petit coup de sonnette. C’est clairement parce que j’étais une femme. Malheureusement, ça m’a empêchée de continuer à faire du vélo. J’avais peur ».
Des initiatives pour retrouver confiance
Pour continuer à utiliser le vélo en toute sécurité, Sonia a rejoint l’association Randonova, qui organise des balades entre femmes. Cette structure montre l’importance pour les femmes de se déplacer dans un environnement sécurisé. La fondatrice, Victoria Garcia, souligne : « Il faut favoriser les sorties entre femmes pour qu’elles puissent se sentir plus solidaires et continuer à lutter contre ces attaques ».
Randonova propose des sorties en Île-de-France une fois par mois, ainsi que des escapades de deux à sept jours en France ou en Espagne.
Un numéro d’aide pour les femmes victimes de violences
3919 : le numéro pour les femmes victimes de violences
Le 3919, « Violence Femmes Info », est le numéro national pour aider les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles, psychologiques, harcèlement, mariages forcés, mutilations sexuelles…). Gratuit et anonyme, il offre une écoute, informe, et oriente vers des dispositifs d’accompagnement. Ce service est géré par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).



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