Tragédie en Haute-Saône Deux bébés retrouvés dans un congélateur
Deux bébés retrouvés morts dans un congélateur en Haute-Saône
Le 12 février, dans un village de Haute-Saône, deux nourrissons ont été découverts morts dans un congélateur par leur père. La mère présumée, âgée de 50 ans, a été placée en détention provisoire après avoir reconnu les faits. Elle est mise en examen pour meurtre sur mineurs de moins de 15 ans.
Elle a expliqué avoir accouché seule à son domicile, puis avoir dissimulé les corps dans un congélateur de la buanderie familiale, qu’elle était la seule à utiliser. La double grossesse soulève des questions : comment ces grossesses ont-elles pu passer inaperçues auprès de ses proches, de ses amis et de son compagnon ?
Les raisons psychologiques derrière ces actes
Invitée du podcast « Le Titre à la Une », la psychologue Odile Verschoot, spécialiste des infanticides, apporte un éclairage. Elle explique les facteurs psychologiques qui peuvent pousser certaines femmes à commettre ces actes.
Le profil des femmes qui tuent leurs enfants
Une majorité de mères, surtout en cas de néonaticide
Ce sont principalement des mères, notamment lorsqu’il s’agit de néonaticides, c’est-à-dire des enfants tués au moment de la naissance. Le terme « tué » peut être mal choisi : il s’agit souvent d’empêcher simplement la naissance ou la vie du nouveau-né.
Un profil souvent marqué par la solitude et la souffrance
Ces femmes ne parviennent pas à s’investir dans leur rôle de mère. Elles ressentent une grande solitude et une souffrance profonde. Elles ont du mal à s’affirmer ou à exprimer leur point de vue. La plupart ont une relation compliquée avec leur propre mère, qui influence leur capacité à devenir mère. Il ne s’agit pas forcément de maltraitance, mais d’un sentiment d’inadéquation ou de ne pas avoir été suffisamment investie par leurs parents.
Le contexte de l’acte : impulsif ou prémédité ?
Selon la psychologue, ces actes ne sont pas prémédités. Il est difficile d’imaginer qu’une femme planifie la mort de son enfant durant neuf mois. La plupart du temps, il s’agit d’un moment de crise, de panique. Certaines ignorent leur grossesse ou espèrent que la situation se réglera d’elle-même. L’accouchement devient un moment difficile à gérer, souvent vécu dans un isolement total.
Le rôle du contexte et la nature de l’acte
Il n’y a pas de sadisme ou de violence délibérée. La majorité du temps, il ne s’agit pas d’utiliser une arme ou de commettre une violence physique. L’objectif principal est d’empêcher le bébé de crier, souvent en lui couvrant la bouche. Cela provoque une asphyxie rapide, qui met fin à ses douleurs. La mère perçoit l’enfant comme une « chose » ou un obstacle à sa vie, qu’elle veut faire disparaître.
Les troubles psychiatriques et la responsabilité
Ces femmes ne souffrent pas nécessairement de pathologies psychiatriques graves. Celles rencontrées en prison étaient responsables de leurs actes. Leur souffrance est plutôt psychologique, un mal-être profond, même si leur comportement peut sembler délirant ou irrationnel de l’extérieur.
Le cas de la Haute-Saône : la dissimulation dans le congélateur
Le choix du congélateur comme lieu de stockage est mystérieux mais significatif. Il sert à la fois à conserver le corps et à dissimuler l’acte. La dissimulation permet à la mère de repousser la réalité, en évitant que la société ou sa famille ne découvre ce qui s’est passé.
L’absence de déni de grossesse et le rôle du compagnon
Le déni de grossesse n’est pas la piste privilégiée dans cette affaire. La mère n’a pas pu cacher sa grossesse à son compagnon à deux reprises, ce qui soulève des questions sur leur relation. La situation suggère un mode de fonctionnement problématique au sein du couple, où l’absence de communication est manifeste.
L’incapacité à dater précisément la naissance
La mère ne peut pas situer précisément la date de naissance des deux bébés. Ce n’est pas surprenant : dans ces circonstances, la conscience ou la lucidité sont altérées. La date n’a pas d’importance pour elle, car la naissance est une tragédie qui s’est produite dans un état de sidération.
Une différence avec d’autres naissances
Malgré ses autres enfants, cette mère a tué ces deux-là. La distinction ne semble pas liée au genre ou à la nature de la grossesse, mais plutôt à la façon dont chaque naissance a été vécue. Certaines grossesses peuvent être une bonne nouvelle, d’autres une catastrophe, en fonction du contexte familial ou personnel. Chaque cas reste unique et complexe.



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