Huis clos sur un procès choquant d’abus en ligne
Huis clos au procès d’un homme jugé pour actes de torture en ligne
La cour d’assises de Paris a décidé d’ordonner un huis clos lundi 5 octobre, lors du procès d’un homme indien de 29 ans. Il est poursuivi pour avoir animé un groupe de discussion masculiniste où des jeunes filles, pour la plupart mineures, étaient contraintes à des actes sexuels en ligne et à se mutiler.
Cette décision a été prise malgré la demande de publicité formulée par l’avocat de cinq victimes américaines, Hippolyte Marquetty. La requête pour un procès public a été rejetée suite à une demande des autorités américaines.
Selon l’arrêt lu par la présidente de la cour, les autorités américaines ont invoqué que le groupe criminel dont Rohan Rane est soupçonné d’être le leader a déjà cherché à intimider des victimes et des témoins, ainsi qu’à menacer des procureurs aux États-Unis. La cour a également expliqué que la diffusion de vidéos de scènes de torture et d’humiliation des victimes, souvent âgées de moins de 15 ans, pourrait être dangereuse pour les mœurs lors des débats qui doivent se poursuivre jusqu’à vendredi.
Un groupe aux idéologies extrêmes
Outre les cinq victimes américaines âgées de 18 à 21 ans, qui devraient témoigner par visioconférence cette semaine, d’autres victimes se trouvent dans plusieurs pays. Le groupe, dialoguant sur la plateforme Discord, comprend des jeunes venant des États-Unis, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne ou d’Estonie.
Les membres de ce groupe sont décrits comme étant influencés par des idées racistes, antisémites, et adoptant une esthétique nazie. Ils expriment également des valeurs ultraconservatrices, ainsi qu’une haine envers les féministes et la communauté LGBT+.
Rohan Rane, originaire d’Inde, est présenté comme le chef de cette organisation. Il aurait donné les ordres principaux dans plusieurs vidéos. Vêtu d’un t-shirt blanc, il ne souhaite pas faire de commentaires sur la décision de huis clos.
Des charges lourdes et une affaire en justice
Le jeune homme risque une réclusion criminelle à perpétuité. Il est notamment poursuivi pour torture ou actes de barbarie sur mineurs, extorsion en bande organisée, et diffusion de contenus pédopornographiques.
L’affaire a été déclenchée en novembre 2020, suite à un signalement d’une organisation américaine de protection de l’enfance. Elle avait découvert sur internet des images d’une enfant de 12 ans, incitée par un interlocuteur à se scarifier et à inscrire le nom « Rohan » sur son corps.
Son avocate, Me Marquetty, s’est opposée au huis clos, estimant qu’il était important que le public soit informé des dangers rencontrés par les adolescentes sur les réseaux sociaux. Elle a également souligné la coopération exemplaire avec les autorités américaines dans cette affaire.



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