Un Professeur de 82 ans condamné pour essais cliniques illégaux et dangereux

Un professeur de 82 ans condamné pour essais cliniques illégaux

Le professeur Jean-Bernard Fourtillan, âgé de 82 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison. La justice lui reproche d’avoir mené des essais cliniques clandestins entre 2017 et 2019.

Selon le tribunal, il a testé de manière illégale sa propre « découverte » médicale sur plusieurs centaines de personnes. Ces essais, réalisés sans autorisation officielle, concernaient des patchs destinés à traiter des maladies neurodégénératives comme la Parkinson et la maladie d’Alzheimer.

Absent lors du délibéré en juin, le professeur a été reconnu coupable de recherche interventionnelle non autorisée sur l’humain, d’exercice illégal des professions de médecin et de pharmacien, ainsi que d’escroquerie et d’abus de confiance. Il a également été condamné à un interdiction définitive d’exercer dans le domaine de la santé et de la pharmacie, et des dédommagements importants ont été ordonnés aux victimes.

Une organisation clandestine de tests

Pour tester ses produits, Fourtillan et sa femme ont organisé des sessions nocturnes à l’abbaye Saint-Croix de Saint-Benoît, près de Poitiers. Près de 400 personnes, malades ou en bonne santé, ont participé à ces essais. Ces sessions ont eu lieu entre mai 2018 et août 2019, lors de 19 rencontres.

Le juge a expliqué que le professeur cherchait à faire croire que ses patchs pouvaient guérir des maladies graves, alors que les autorités médicales rejettent cette hypothèse. L’objectif était de faire passer ses traitements pour miraculeux, malgré l’absence de validation officielle.

Le rôle de sa femme et des complices

Le tribunal a souligné que la recherche de dons a été une préoccupation constante pour Fourtillan. Il a notamment cherché à collecter des fonds auprès de patients vulnérables, atteints de maladies neurodégénératives.

Les enquêteurs ont révélé que le professeur a détourné près de 130 000 euros sur les 700 000 euros récoltés pour son « fonds Josefa », destiné à financer ses recherches. Il aurait utilisé cet argent à des fins personnelles, notamment en l’investissant dans l’or de manière dissimulée.

Sa femme, Marianne Fourtillan, considérée comme son « bras droit », a été condamnée à deux ans de prison, dont un avec sursis. Quant au professeur Henri Joyeux, considéré comme un de ses complices, il a écopé d’un an avec sursis et 10 000 euros d’amende.

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