Incendie à Crans-Montana : des vidéos clés non exploitées dans l’enquête meurtrière

Incendie à Crans-Montana : des images de vidéosurveillance non exploitées

Dans la station huppée de Crans-Montana, un incendie très violent s’est déclaré dans le bar Le Constellation durant la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Le bilan est lourd : quarante personnes ont perdu la vie et près d’une centaine ont été blessées. Une enquête a rapidement été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ce drame.

Les autorités ont rapidement cherché à exploiter toutes les pistes possibles, notamment les images de vidéosurveillance de la commune. Cependant, plusieurs semaines après les faits, une partie cruciale de ces images ne sera jamais consultée, selon BFMTV. Dès le début, les procureurs ont demandé à la police cantonale et à la municipalité d’obtenir les enregistrements des caméras de la ville.

Des demandes répétées pour accéder aux images

Le 1er janvier, une procureure a envoyé un courrier demandant la « sauvegarde et l’exploitation des vidéos de surveillance à proximité des lieux », sans préciser de plage horaire. Le 5 janvier, une nouvelle requête a été adressée à la police intercommunale, cette fois en limitant la demande aux images du 1er janvier entre 0h30 et 2h. Le lendemain, un avocat a également formulé une demande similaire. Cependant, il n’est pas clair si ces demandes ont été satisfaites dans les délais.

Le 15 janvier, la procureure a insisté à nouveau, en demandant explicitement les images couvrant la période du 31 décembre 2025 à 23h au 1er janvier 2026, 3h. Mais le 22 janvier, la police cantonale a répondu que leur système de vidéosurveillance ne conserve les images que 7 jours maximum. Ainsi, elles ne sont plus accessibles pour les dates du 31 décembre 2025 et du 1er janvier 2026. La police a précisé toutefois que les images du 1er janvier entre minuit et 6h étaient conservées.

Une partie des images a disparu, d’autres sont encore accessibles

Ce délai de conservation limité a entraîné la disparition d’une tranche horaire essentielle. Il sera impossible pour les enquêteurs de visionner ce qui s’est passé avant minuit, comme l’arrivée des victimes ou l’affluence devant l’établissement, ou encore d’éventuelles manipulations autour des issues de secours. Face à cette perte, ils devront se tourner vers d’autres sources d’informations.

À l’intérieur du bar, 14 caméras de vidéosurveillance avaient été installées par les propriétaires, la famille Moretti. Jacques Moretti a indiqué que le système était bloqué sur son téléphone, sur une image prise à 1h23 du matin, trois minutes avant l’incendie. Le ministère public tente encore de récupérer l’intégralité des enregistrements en contactant la société responsable des caméras. Les vidéos des établissements voisins ont également été sollicitées.

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