Crans-Montana Un mois après l’incendie : les victimes françaises abandonnées

Une situation chaotique pour les victimes françaises après l’incendie de Crans-Montana

Un mois après le tragique incendie de Crans-Montana en Suisse, les victimes françaises et leurs proches se sentent aujourd’hui « isolés » face à la complexité des démarches administratives et médicales. La Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac) a tiré la sonnette d’alarme ce vendredi 30 janvier sur la désorganisation de l’après-urgence dans ce dossier transfrontalier.

La Fenvac, qui rassemble plus de 80 associations et représente les victimes de plus de 130 événements, dénonce une fragmentation des informations et un manque de coordination claire. Elle souligne aussi la difficulté pour les familles d’accéder aux démarches médicales, psychologiques, juridiques et indemnitaires. Ces obstacles aggravent leur douleur, notamment pour celles et ceux qui doivent accompagner des proches gravement brûlés ou déjà endeuillés.

Selon la fédération, ces dernières semaines, elle a été en contact avec plusieurs familles touchées par l’incendie, qui a fait 40 morts, dont neuf Français, et 116 blessés. La vice-présidente de la Fenvac, Chantal Cutajar, a indiqué que ces familles expriment leur désarroi, car elles manquent d’informations et ne savent pas quelles démarches suivre.

Une absence d’interlocuteurs clairs et une gestion fragmentée

Après l’incendie survenu dans la nuit du Nouvel An dans le bar Le Constellation, le parquet de Paris avait ouvert une « enquête miroir » pour accompagner les familles françaises. L’objectif était de leur fournir un interlocuteur unique en France, afin de faciliter leurs échanges avec les autorités suisses.

Malheureusement, la Fenvac déplore aujourd’hui l’absence d’interlocuteurs clairement identifiés côté français. La fédération dénonce une situation très fragmentée, qui complique le parcours des victimes dans leur accompagnement. Elle évoque aussi une « triple peine » pour ces familles, qui apprennent souvent les évolutions de l’enquête par les médias ou les réseaux sociaux, sans pouvoir agir directement.

Pour tenter d’améliorer cette situation, la Fenvac prévoit une rencontre prochaine avec le parquet français. Elle propose plusieurs mesures, notamment l’organisation d’une réunion d’informations ouverte aux victimes et à leurs familles. L’objectif est de leur fournir une vue d’ensemble claire et centralisée sur les dispositifs existants en Suisse, en France et en Italie, ainsi qu’un point sur l’état de l’enquête.

Elle réclame également une stratégie d’indemnisation coordonnée et équitable, ainsi que l’accès des associations de victimes aux procédures pénales transfrontalières. Cela leur permettrait de se constituer partie civile et d’accéder aux dossiers d’instruction.

Une volonté de renforcer la prévention

Dans le cadre de cette tragédie, la Fenvac souhaite aussi œuvrer à la prévention pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. La présidente de la fédération, Sandrine Tricot, a insisté sur la nécessité d’améliorer la sécurité à l’échelle européenne.

Il n’est pas possible qu’un établissement ne soit pas contrôlé pendant cinq ans! On est sur une autre planète!

Cette semaine, le parquet valaisan a mis en examen deux responsables de la sécurité du bar de Crans-Montana. Un couple français, Jacques et Jessica Moretti, également propriétaires du lieu, fait l’objet d’une instruction pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence.

Selon l’enquête, l’incendie aurait été provoqué par des étincelles de bougies « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond d’une salle en sous-sol. La responsabilité des propriétaires et le respect des normes de sécurité seront notamment examinés.

La commune de Crans-Montana a reconnu avoir failli dans ses contrôles de sécurité et d’incendie dans cet établissement, qui auraient dû être effectués chaque année depuis 2019.

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