Elong Abé jugé pour l’assassinat dYvan Colonna un procès sous haute tension

Le détenu radicalisé Elong Abé renvoyé devant la cour d’assises spéciales

Quatre ans après la mort du militant corse Yvan Colonna, la justice a décidé de poursuivre en justice le détenu radicalisé Franck Elong Abé. Celui-ci sera jugé pour l’assassinat de Yvan Colonna, en lien avec une entreprise terroriste, devant une cour d’assises spéciale à Paris, a-t-on appris ce lundi 6 juillet.

Les faits et leur contexte

L’agression s’est produite le 2 mars 2022, dans la prison d’Arles, où Yvan Colonna purgeait une peine à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac en 1998. Yvan Colonna a succombé à ses blessures le 21 mars 2022 à l’hôpital. Sa mort a suscité d’importantes manifestations en Corse dans les semaines qui ont suivi.

Les circonstances de l’agression

Les enquêteurs ont déterminé que Franck Elong Abé, un homme de 39 ans originaire du Cameroun, avait porté des coups violents à Yvan Colonna lors de l’incident. Ces coups auraient été suivis d’un étouffement du militant pendant plusieurs minutes, avant qu’Elong Abé ne lui prenne le pouls.

Le procès et la contestation de la qualification

Le 6 juillet, la justice a confirmé le renvoi de Franck Elong Abé devant la cour d’assises spéciale. Son avocat, Me Benoît David, conteste cette qualification, estimant que ni l’assassinat ni le lien avec une entreprise terroriste ne correspondent à la réalité des faits. Il avait déjà fait appel de cette décision.

Les juges d’instruction de Paris ont, en avril dernier, conclu que la mort de Yvan Colonna était la conséquence directe des violences de Franck Elong Abé. Selon eux, l’agression était motivée par une volonté claire de tuer, en raison de différences de croyances.

Les éléments de l’enquête

Les investigations ont révélé que l’agression avait été menée dans des conditions d’extrême violence. Les juges ont également constaté que Franck Elong Abé avait cherché à étouffer Yvan Colonna pendant plusieurs minutes, avant de vérifier son pouls.

Les avocats de la famille Colonna dénoncent une affaire qui pourrait être un « assassinat au nom de la raison d’État ». Ils réclament une audience publique pour faire toute la lumière sur cette affaire, qu’ils considèrent comme marquée par des zones d’ombre et des défaillances dans la gestion carcérale.

Le profil de l’accusé et ses déclarations

Classé comme détenu particulièrement signalé (DPS) depuis novembre 2015, Franck Elong Abé était considéré comme très dangereux, notamment en raison de son comportement violent et de son instabilité. Lors de ses premiers interrogatoires, il avait affirmé avoir agi seul, sans lien avec un groupe, motivé par un blasphème contre le prophète Mahomet.

En mars 2024, il a évoqué dans un courrier un acte commandité par des agents de l’État, une version que le ministère de l’Intérieur a rapidement démentie.

Les dysfonctionnements et les suites judiciaires

Une commission d’enquête parlementaire a pointé en mai 2023 des « graves défaillances » dans l’appréciation de la dangerosité de Franck Elong Abé et dans la gestion de la détention de Yvan Colonna. En 2023, une enquête préliminaire sur l’administration pénitentiaire a été classée sans suite en 2025. Cependant, l’État a été condamné en février de cette année à verser 75 000 euros aux héritiers de Colonna pour des manquements.

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