Bétharram : Jusqu’à 1500 victimes potentielles d’abus révélées

Bétharram : entre 700 et 1 500 victimes potentielles selon une ONG

Une organisation non gouvernementale (ONG) estime que le nombre de victimes potentielles de violences sexuelles, physiques ou psychologiques à Notre-Dame-de-Bétharram pourrait se situer entre 700 et 1 500. Ces chiffres concernent une période s’étendant sur plusieurs décennies.

Les enjeux médiatiques et politiques autour de l’affaire

Plusieurs sujets liés à Bétharram alimentent l’actualité : la question du secret de la confession, la proposition de loi post-affaire adoptée en commission parlementaire, ou encore les démarches des victimes pour obtenir une reconnaissance officielle. Des débats surgissent aussi sur la future fermeture du site, souhaitée par l’enseignement catholique, alors qu’une autre instance dément cette décision.

Développements judiciaires et accusations

Un second homme, un ecclésiastique sexagénaire, a été mis en examen pour viol. Par ailleurs, 17 nouvelles plaintes ont été déposées pour des faits remontant entre 1961 et 1993, portant à sept le nombre total de procédures en cours depuis janvier 2024. Une enquête sur des prêtres décédés a été classée sans suite à Limoges, en raison du décès des personnes concernées.

Le collectif de victimes d’Alain Esquerre a décidé de se retirer de la commission d’enquête indépendante mise en place par la congrégation, dénonçant un manque d’action face aux abus.

Réactions et positions politiques

Après l’échec d’un vote de confiance, François Bayrou a présenté sa démission, une décision saluée par les associations de victimes, qui estiment qu’il sera ainsi “moins nocif”. La fille de François Bayrou, Hélène Perlant, a évoqué le silence familial autour de son agression à Bétharram et a confirmé que son père a rencontré un juge en 1998 dans le cadre d’une enquête sur un viol dans cet établissement.

Des voix politiques, comme celles de Marine Tondelier, estiment que François Bayrou devrait démissionner, jugeant que sa présence est nuisible. La justice a également décidé de traiter différemment certaines plaintes déposées contre lui, en demandant leur transfert vers d’autres juridictions.

Les enquêtes et rapports parlementaires

Une commission d’enquête parlementaire a publié un rapport critique, pointant un “défaut d’action” de François Bayrou lors de l’affaire Bétharram. Seul le député LFI Paul Vannier a accusé le Premier ministre de “mensonge” devant la commission, avançant qu’il aurait “fait évoluer sa version” sous serment. La ministre de l’Éducation nationale a annoncé que le ministère étudiera la possibilité d’adapter ses plans pour mieux lutter contre les violences en milieu scolaire.

Les propositions issues du rapport comprennent notamment l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des mineurs et une meilleure prévention dans les établissements privés. La commission souligne aussi un “manque d’action” de François Bayrou à l’époque, ce qui aurait permis aux violences de perdurer.

Réactions et démentis

L’entourage de François Bayrou a démenti ces accusations, affirmant que le rapport parlementaire relayait “exactement le contraire” de la réalité. Par ailleurs, le Premier ministre a dénoncé une “cyberattaque massive” visant le site où il a publié les pièces de son audition, qu’il considère comme une tentative de déstabilisation.

En réponse aux accusations, François Bayrou a publié sur un site internet dédié l’ensemble des documents de son audition, affirmant qu’ils prouvent “l’inanité” des accusations. Il a également promis de rendre publics “tous les documents” pour prouver son innocence.

Les victimes et leurs revendications

Les victimes, notamment le porte-parole des victimes, demandent que les crimes sexuels commis sur des mineurs deviennent imprescriptibles. Elles réclament aussi une reconnaissance officielle en transformant Bétharram en un mémorial dédié aux enfants victimes de violences.

Les associations de victimes ont réagi à la démission de François Bayrou, estimant qu’il ne tenait pas ses promesses et qu’il était temps pour lui de quitter ses fonctions pour éviter de nuire davantage à la recherche de la vérité.

Les suites judiciaires et les actions en cours

Une plainte pour “crime contre l’humanité” a été déposée contre la congrégation de Bétharram pour des violences passées à Limoges, où l’établissement officiait jusque dans les années 1970. La justice a aussi décidé de confier certaines affaires à d’autres juridictions, notamment en raison des relations institutionnelles avec François Bayrou.

Enfin, certains acteurs, comme l’ancien juge Christian Mirande, ont dénoncé l’attitude de François Bayrou, l’accusant d’avoir “fait gonfler le soufflé” en niant certaines rencontres et en minimisant ses responsabilités dans cette affaire.

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