Procès choc à Lille : la mort d’un étudiant après un bizutage meurtrier
Le procès d’un étudiant mort après un bizutage s’ouvre à Lille
Ce mardi 20 janvier, un procès important débute à Lille. Il concerne la mort de Simon Guermonprez, un étudiant en deuxième année de médecine. En juillet 2021, il a été percuté par un camion sur l’A27, après une soirée d’intégration très alcoolisée.
Trois organisateurs de cette soirée sont poursuivis pour bizutage, une pratique interdite par la loi depuis 1998. L’université de Lille doit également répondre de homicide involontaire. Le chauffeur du camion sera jugé pour homicide involontaire.
Un témoignage poignant du père de Simon
Le père de Simon Guermonprez témoigne sur RMC. Il revient sur cette nuit du 8 juillet 2021, où la police lui a appris que son fils venait d’être percuté par un camion alors qu’il marchait, alcoolisé, sur l’autoroute. Quelques heures plus tôt, Simon avait participé à une soirée d’intégration organisée par des étudiants.
Les détails de la soirée tragique
Selon le témoignage du père, Simon aurait été incité à boire de l’alcool en grande quantité. Une soirée durant laquelle il aurait été forcé à ingérer l’équivalent de 12 seringues d’alcool, alors qu’il aurait voulu s’arrêter à 8 ou 9. La distribution d’alcool à partir de seringues a été évoquée.
En tant que parent, on sait qu’à 100% c’est l’alcool qui est monté à son cerveau et qui l’a déboussolé et désorienté. C’est ça qui est pour nous inconcevable, ce n’est pas acceptable
Le manque de prévention de l’université
Trois étudiants, principaux organisateurs de la soirée, sont poursuivis pour bizutage. La pratique consiste à humilier ou pousser à une alcoolisation excessive. Elle est interdite mais continue de se produire lors de ces événements d’intégration.
Le père de Simon dénonce le manque d’encadrement de la faculté de médecine. Selon lui, l’université et ses responsables se déchargent de toute responsabilité en affirmant que ces soirées sont privées. Il regrette qu’aucune action de prévention n’ait été menée, alors que des règles ministérielles existent depuis 2018.
Une enquête administrative accablante
Une inspection de l’Éducation nationale a conclu que l’université de Lille n’a pas cherché à mettre fin aux pratiques de bizutage, malgré leur connaissance du problème. Au contraire, elle aurait contribué à leur pérennisation.
Maître Damien Legrand, avocat de la famille, souligne que cette responsabilité de l’université est engagée. Il espère que ce procès sera un déclic pour empêcher que d’autres familles vivent un tel drame.
Une mobilisation pour une loi plus stricte
La famille de Simon réclame une loi obligeant la prévention et l’encadrement des soirées étudiantes. Depuis trois ans, elle milite pour que des mesures soient prises afin de mieux protéger les étudiants.
De son côté, l’université de Lille affirme condamner toutes pratiques de bizutage et indique mettre en place des actions de sensibilisation pour prévenir ces risques.



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