Crans-Montana : les visages des neuf Français morts dans l’incendie du Constellation

Dans la nuit du Nouvel An, un incendie au sous-sol du bar Le Constellation, à Crans-Montana, a fait 40 morts, dont neuf Français. Après avoir raconté le déroulé du drame, Le Nouveau Détective rend hommage à ces victimes, adolescentes et adultes, emportées en quelques minutes dans les flammes.

La nuit du nouvel an, l’enfer s’est déchaîné à Crans-Montana, une station de ski familiale des Alpes suisses. En quelques minutes, 40 jeunes gens sortis faire la fête sont morts dans les pires souffrances au sous-sol du bar Le Constellation, après l’embrasement des mousses insonorisantes qui en tapissaient le plafond. Parmi les victimes décédées, neuf Français. Dans notre numéro précédent, nous vous racontions ces minutes d’horreur sans connaître leur identité. Nous avons décidé de leur rendre hommage cette semaine. Ils resteront les visages d’un des pires cauchemars de réveillon.

Noa, 14 ans

Il n’avait que 14 ans, mais c’était un gamin mature. Noa Thévenot El Kaim Billah avait perdu sa maman tout jeune et grandi vite. Ce soir-là, il est sorti avec son grand frère, qui n’a pas pu le protéger. Issu d’une famille de passionnés de football, la tête sur les épaules et les crampons bien plantés dans la pelouse, Noa jouait au Lancy FC, dans le canton de Genève, dont il était un des espoirs. Le 10 janvier, il devait assister au 16es de finale de la Coupe de France de son équipe de cœur, le FC Sochaux-Montbéliard, opposée au Racing Club de Lens. Des billets offerts par son papa. On espère qu’il a pu suivre le match depuis les étoiles. Sur la pelouse, les joueurs lui ont rendu hommage en arborant un brassard noir.

Charlotte, 15 ans

Franco-israélo-britannique de passeport, Charlotte Niddam, 15 ans, étudiait au collège, à Londres. Elle gagnait un peu d’argent de poche en faisant du baby-sitting. C’était une gamine responsable. Passionnée de danse, elle publiait des vidéos de ses déhanchés sur TikTok, qui faisaient le bonheur de ses 6 000 abonnés. Comme pour Noa, certains ont pu dire sur les réseaux qu’elle était trop jeune pour se trouver au Constellation ce soir-là, accablant au passage ses parents de l’avoir laissée sortir. Méchanceté d’aigris qui oublient qu’à cet âge, on veut croquer la vie à pleines dents. Face à un tel drame, la compassion et la bienveillance sont les seules bonnes réponses.

Cyane, 24 ans

La vie de Cyane Panine était une aventure. À l’âge de 12 ans, elle avait fait le tour du monde en catamaran avec ses parents et sa sœur. La famille avait notamment jeté l’ancre dans l’archipel des Marquises, où la belle fleur aux yeux bleus s’était épanouie sur l’île de Nuku-Hiva, à l’ombre des palmiers et des pics rocheux bordant la forêt tropicale. Depuis plusieurs années, Cyane officiait comme barmaid au Constellation, profitant de la belle saison hivernale pour mettre un peu d’argent de côté. Son corps a été retrouvé devant la sortie de secours, que manifestement elle n’a jamais pu ouvrir.

Arthur, 16 ans

Cette soirée, Arthur Brodard l’attendait avec impatience ! Il avait réservé une table au sous-sol du Constellation avec ses amis, obtenant de ses parents une « permission de minuit » extensible. Ce nouvel an promettait d’être mémorable. Il restera une blessure ouverte dans le cœur de tous ceux qui l’aimaient… Au matin du 1er janvier, sa maman le cherche partout. La pauvre femme appelle les hôpitaux et fait la tournée des médias, en quête de la moindre information, dévorée par l’angoisse de ne pas savoir où est son fils. L’imaginer souffrant est une torture pour elle, mais elle se raccroche à l’espoir de le retrouver en vie. Au bout de trois jours, la terrible nouvelle tombe. Arthur n’est plus. Dans une vidéo poignante publiée sur Facebook, sa mère a alors déclaré : « Notre Arthur est parti faire la fête au paradis. Maintenant, nous pouvons commencer notre deuil en sachant qu’il est en paix dans la lumière. »

Matéo, 23 ans

Le DJ de la fête, c’était lui ! Matéo Lesguer, « Neoshy » de son nom de scène, était expert dans l’art de faire danser les foules. Le jeune homme au sourire communicatif était encore plus que ça : un éclat de joie et d’insouciance dans un monde qui en manque tant. Haïtien d’origine expatrié à Angers, il avait dédié sa vie à la musique. Multi-instrumentiste, touche-à-tout génial, il commençait à se faire un nom. Souvent, il officiait en tandem avec son acolyte Edenflow, beaucoup plus qu’un collègue, un ami. Ce dernier lui a laissé un ultime message sur Instagram : « On est un duo, Matéo. Si tu n’es plus là, comment j’avance ? La vie ne sera plus jamais pareille sans toi. Je t’aime, Matéo. Au revoir. »

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Source : Le Nouveau detective

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