Faille judiciaire : 12 ans de retard dans l’enquête sur l’affaire Mazan
Le procès des viols de Mazan a suscité une attention nationale, avec de nombreux développements et révélations. Un rapport récent de l’Inspection générale de la justice (IGJ) met en lumière de graves failles dans l’enquête initiale menée contre Dominique Pelicot.
Une affaire marquée par des erreurs judiciaires
Selon ce rapport, l’ADN de Dominique Pelicot, prélevé dès 2010, n’a pas été exploité pendant plus de douze ans. Ce retard a peut-être empêché une arrestation plus rapide de l’accusé, qui aurait pu être arrêté bien plus tôt.
Les condamnations et les enjeux du procès en appel
Le principal accusé, Dominique Pelicot, a été condamné à 20 ans de prison lors du premier procès. Lors du procès en appel, sa peine a été alourdie à 10 ans, avec la volonté de la cour d’approfondir l’examen des faits.
Le procès en appel, qui doit se dérouler du 6 octobre au 21 novembre à Nîmes, concerne également 51 autres hommes. Seuls trois d’entre eux ont reconnu avoir violé Gisèle Pelicot, la victime.
Les déclarations et les témoignages
Au cours des audiences, Gisèle Pelicot a exprimé sa détermination à faire reconnaître la vérité. Elle a également porté plainte contre Paris Match pour la diffusion de photos volées. Sa fille, Caroline Darian, a également déposé une plainte contre son père, Dominique Pelicot, pour viol, le 5 mars 2025.
Lors d’une audience, Dominique Pelicot a maintenu sa version des faits concernant deux affaires non résolues, appelées « cold cases ». Il a également demandé à sa famille d’accepter ses excuses, tout en continuant de nier les accusations de viol et d’inceste.
Une mobilisation au cœur du procès
Le procès a été marqué par des tensions, notamment lors des dernières plaidoiries. Des manifestants féministes ont protesté devant le tribunal d’Avignon, exprimant leur colère face à la lenteur de la justice et aux peines prononcées.
Une compagnie de CRS a été déployée pour sécuriser l’audience, qui a duré seulement quatre jours, du 6 au 9 octobre.
Les condamnations et les réactions
À l’issue du procès, tous les 51 accusés ont été déclarés coupables. Cependant, la majorité des peines ont été inférieures aux réquisitions, provoquant la déception des victimes et de leurs soutiens. Seuls 26 ont été placés en détention, dont trois ont obtenu un report de leur mandat de dépôt.
Gisèle Pelicot a déclaré se sentir « apaisée et soulagée », espérant retrouver une vie normale. Son avocat a souligné la complexité de l’affaire et la difficulté de faire face à cette situation sur le long terme.
Une affaire qui continue de faire réagir
Le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles, notamment l’extension des dispositifs de dépôt de plainte dans les hôpitaux et la sensibilisation à la soumission chimique.
Par ailleurs, plusieurs actions ont été lancées, comme une pétition britannique demandant le Nobel de la paix pour Gisèle Pelicot, en raison de son courage face à cette épreuve. Plus de 35 000 personnes ont déjà signé cette pétition en français.
Les suites judiciaires et les nouvelles affaires
Le procès de Mazan s’inscrit dans une série de révélations. Le fondateur du site Coco.fr a été mis en examen pour avoir facilité des crimes sexuels, notamment dans cette affaire. La justice continue également d’enquêter sur d’autres dossiers liés à la pédocriminalité.
Un documentaire sur la soumission chimique, intitulé « L’arme secrète des violeurs », sera diffusé le 21 janvier sur France 2, porté par la fille de Gisèle Pelicot, Caroline Darian.



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