Incendie des Corbières : un agent de l’ONF mis en examen et au cœur du mystère
Un agent de l’ONF mis en examen dans l’enquête sur l’incendie des Corbières
Un agent de l’Office national des forêts (ONF), suspecté d’avoir été à l’origine du gigantesque incendie qui a ravagé le massif des Corbières en août 2025, a été mis en examen ce jeudi 4 juin. Cet événement marque une étape importante dans l’enquête sur ce qui est considéré comme le pire incendie en France depuis 50 ans.
Ce fonctionnaire, qui nie toute implication, est poursuivi pour « destruction involontaire par incendie aggravée ». Le procureur de la République de Montpellier, Thierry Lescouarc’h, a confirmé cette information dans un communiqué.
Il avait été placé en garde à vue mardi, aux côtés de deux autres agents de l’ONF. Ces derniers ont été relâchés mercredi soir, sans charge à ce stade de la procédure.
Les détails de l’enquête
Le procureur n’a pas donné de précisions sur les faits reprochés à l’agent mis en examen. Selon le journal Midi Libre, les enquêteurs cherchent à déterminer si une cigarette jetée par la fenêtre d’un véhicule de patrouille pourrait avoir déclenché l’incendie.
Les trois agents avaient été interpellés dans le cadre des premières investigations. La catastrophe a débuté le 5 août 2025, en bordure d’une route départementale. L’incendie a parcouru 17 000 hectares, détruisant plus de 11 000 hectares de végétation. Il a été maîtrisé le 28 août après trois semaines de lutte contre le feu.
Les experts ont rapidement exclu une origine naturelle, privilégiant une cause humaine. Lors de sa garde à vue, l’agent suspecté a contesté son implication. Une source proche de l’enquête évoquait également une hypothèse de négligence.
Impact sur la région et réaction locale
Depuis l’incendie, la fréquentation touristique dans la région a chuté. Selon un responsable local de l’ONF, « personne n’a envie de passer ses vacances dans un endroit dévasté ». Le paysage reste noirci et désolé, ce qui dissuade les visiteurs.
Alain Coste, maire de Ribaute au moment des faits, a exprimé sa surprise face à cette éventualité. Il déplore l’impact de l’incendie, qui a laissé un décor calciné dans la région.
Ce feu a également eu des conséquences humaines et matérielles : il a détruit 36 maisons et causé la mort d’une femme de 65 ans dans le village de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Il reste le plus important incendie de l’été 2025 en France, selon la Base de données gouvernementale des incendies de forêt en France (BDIFF).
Les missions accrues de l’ONF face aux incendies
Depuis les grands incendies en Gironde en 2022, qui ont dévasté plus de 30 000 hectares, l’ONF a vu ses missions s’élargir. La crise climatique oblige désormais l’organisme à renforcer ses actions dans des territoires plus exposés au risque d’incendie.
Les agents multiplient les patrouilles, renforcent les mesures de prévention et diffusent davantage d’informations sur les bonnes pratiques. La majorité des feux de forêt étant d’origine humaine, leur rôle est crucial dans la surveillance et la lutte contre ces incendies.
Ils participent aussi à l’aménagement de pistes d’accès, au positionnement de citernes et de points d’eau, et assurent des missions de détection et d’extinction en période estivale.
Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la commande de deux nouveaux Canadair, qui devraient être livrés d’ici 2032 ou 2033. Deux appareils déjà commandés devraient arriver en 2028. La flotte française de bombardiers d’eau comptera ainsi 16 appareils d’ici six ans.



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