Annecy : le suspect renvoyé aux assises pour tentative d’assassinat

Le suspect de l’attaque au couteau d’Annecy renvoyé aux assises pour tentative d’assassinat

Le 3 juin 2023, la procureure Line Bonnet a annoncé que l’homme suspecté d’avoir attaqué au couteau quatre enfants en bas âge et deux adultes dans un parc d’Annecy a été renvoyé devant la cour d’assises pour « tentative d’assassinat ».

Les juges d’instruction ont conclu que l’accusé, Abdalmasih Hanoun, était possiblement atteint de troubles ayant altéré son discernement lors de l’attaque. Cependant, ils n’ont pas estimé qu’il était totalement privé de ses capacités de comprendre ses actes.

Ce renvoi en cour d’assises intervient après une instruction approfondie. Initialement, une première expertise psychiatrique avait conclu à l’abolition du discernement de l’accusé, ce qui aurait empêché toute poursuite pénale. Mais une seconde expertise a finalement déterminé qu’il souffrait d’une simple « altération » du discernement, le rendant responsable de ses actes, ce qui permet un procès.

Les faits et le parcours de l’accusé

Le 8 juin 2023, cet homme d’une trentaine d’années, après plusieurs années de vie stable en Suède, a soudainement attaqué des enfants sur une aire de jeu près du centre historique d’Annecy. Lors de cette attaque, il a grièvement blessé quatre enfants âgés de 22 à 36 mois, dont une Britannique et une Néerlandaise, ainsi que deux promeneurs septuagénaires. Il a été rapidement interpellé par la police.

Les autorités ont rapidement écarté toute motivation terroriste. Le suspect, de confession chrétienne d’Orient, avait fui son pays en guerre via la Turquie, puis obtenu le statut de réfugié en Suède à la fin 2013. Il n’a jamais obtenu la nationalité suédoise. En mars 2022, il a quitté la Suède après s’être séparé de sa femme suédoise d’origine syrienne, lui laissant la garde de leur fille de trois ans.

Après un passage par l’Italie et la Suisse, il s’est installé sans domicile fixe à Annecy en octobre 2022. La ville a été profondément bouleversée par cette attaque, dont des images filmées par des témoins ont circulé largement sur les réseaux sociaux.

Le débat sur l’état mental de l’accusé

Lors de l’enquête, une première expertise psychiatrique avait conclu que l’accusé était en abolition du discernement, ce qui aurait empêché de le poursuivre pénalement, car il ne serait pas en mesure de comprendre la gravité de ses actes.

Mais une seconde expertise a révélé qu’il souffrait seulement d’une « altération » du discernement. Selon cette dernière, il était responsable de ses actes, ce qui a permis de poursuivre la procédure judiciaire. C’est cette évaluation qui a été retenue par les juges d’instruction, menant à son renvoi devant la cour d’assises.

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