Enquête choc sur une possible ingérence étrangère dans la campagne de LFI

Le parquet de Paris a ouvert une enquête ce mardi 26 mai pour déterminer si la campagne de certains candidats de La France insoumise (LFI) aux dernières élections municipales a été ciblée par une opération étrangère. Cette démarche intervient après des accusations de manipulation numérique visant ces candidats.

Le ministère public a indiqué que cette enquête a été lancée « d’initiative », c’est-à-dire sans plainte officielle, signalement ou saisine préalable. L’objectif est d’étudier si une opération menée par un État tiers aurait pu influencer la campagne électorale.

Une opération potentielle évoquée par Viginum

Les magistrats ont pris connaissance de publications de Viginum, un service chargé de lutter contre la désinformation en ligne. Selon Viginum, il existe un « dispositif de diffusion artificielle ou automatisée » destiné à propager des contenus inexacts ou trompeurs. La campagne malveillante, selon ce service, impliquerait un acteur situé à l’étranger et pourrait porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, en cherchant à manipuler l’information des citoyens.

Viginum précise aussi que cette opération aurait eu un effet marginal sur le débat public numérique. Elle pourrait aussi avoir une finalité lucrative, sans pour autant chercher à déstabiliser le processus électoral.

Par ailleurs, des articles de presse mentionnent une entreprise israélienne, BlackCore, basée à Tel-Aviv, comme étant à l’origine de ces activités suspectes.

Le parquet de Paris rappelle que « la notion d’ingérence ne vise pas les intérêts d’une personne ou société étrangère, mais d’un État étranger, et aucune suspicion d’une intervention de ce type » ne lui a « été signalée ».

Les investigations confiées à l’Unité Nationale Cyber

Pour approfondir ces soupçons, le parquet a décidé d’ouvrir une enquête, confiée à l’Unité Nationale Cyber. L’objectif est de vérifier si une opération d’ingérence étrangère a visé les campagnes des candidats LFI Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud, respectivement candidats à Marseille, Toulouse et Roubaix.

Les responsables de ces investigations surveillent notamment des activités d’« intelligence avec une puissance étrangère », des tentatives de détournement du suffrage par de fausses informations ou des manipulations frauduleuses, ainsi que des messages en ligne faisant l’apologie du terrorisme, en lien avec certains logos utilisés.

Depuis ce mardi, l’enquête est menée par l’Unité Nationale Cyber. Sébastien Delogu, l’un des candidats visés, a récemment demandé au gouvernement de prendre des mesures pour empêcher toute ingérence étrangère lors de la prochaine élection présidentielle en 2027.

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