Libération en vue pour Mohamed Bakkali, condamné pour les attentats du 13 novembre

Le tribunal de l’application des peines de Bruxelles a décidé le lundi 11 mai d’accorder six « congés pénitentiaires » à Mohamed Bakkali, condamné à 30 ans de prison pour son implication dans les attentats du 13 novembre 2015. Cette décision repose sur le système judiciaire belge, où il est incarcéré, et soulève l’indignation des victimes de l’attentat.

Une libération potentielle en vue

Mohamed Bakkali, âgé de 39 ans, avait été reconnu coupable en France pour son rôle de « logisticien » dans plusieurs attaques terroristes. Il pourrait bientôt bénéficier d’une libération conditionnelle, après la décision du tribunal belge de lui accorder des « congés pénitentiaires ». Cela concerne notamment sa participation à deux attentats : celui du Thalys Amsterdam-Paris en août 2015, qui a été évité, et celui du 13 novembre 2015, qui a causé la mort de 132 personnes à Paris et à Saint-Denis.

Dans le premier attentat, il était le chauffeur d’Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le coordinateur des attaques. Il l’a conduit de Hongrie jusqu’à Bruxelles. Pour l’attentat du 13 novembre, il a transporté plusieurs terroristes, trouvé des véhicules pour eux, et organisé leurs cachettes où ils cachaient leurs armes et explosifs. Pendant cette période, il était en contact téléphonique régulier avec eux.

Mohamed Bakkali a été condamné à deux reprises : 25 ans de prison pour l’attentat du Thalys et 30 ans pour celui du 13 novembre, par la cour d’assises spéciale de Paris en 2022. Ces peines ont été fusionnées, lui donnant une peine totale de trente ans de réclusion. En France, la période de sûreté impose généralement une libération après 20 ans, soit en 2035, mais sa condamnation en Belgique pourrait changer la donne.

Les congés en Belgique et leurs implications

Le lundi 11 mai, le tribunal de l’application des peines de Bruxelles a décidé de lui accorder six « congés pénitentiaires », selon plusieurs journaux belges. Contrairement à la France, la législation belge ne prévoit pas une application automatique de la peine de sûreté. Ces congés constituent une étape avant une éventuelle libération sous bracelet électronique ou une libération conditionnelle.

Le régime belge permet à Mohamed Bakkali, qui purge sa peine dans une prison en Belgique, d’accéder à ces mesures plus facilement. Le parquet national antiterroriste (PNAT) a indiqué qu’il prenait acte de cette décision, tout en soulignant que cette dernière n’aurait pas été possible en France. En effet, une telle libération conditionnelle serait difficile à obtenir selon la législation française.

Réactions des victimes et de l’opinion publique

Les victimes des attentats du 13 novembre ont exprimé leur émotion et leur inquiétude face à cette décision. Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président de l’association « Life for Paris », a réagi sur X (ex-Twitter). Il a questionné la justice française sur la différence de traitement entre la Belgique et la France concernant la libération des condamnés.

Le parquet national antiterroriste a déclaré qu’il « ne peut que relever que la législation applicable à l’intéressé, de nationalité belge et arrêté en Belgique, ne conduit pas à l’exécution de ses condamnations telles qu’elles ont été prononcées par la cour d’assises spécialement composée de Paris ». Il a aussi indiqué partager l’émoi suscité par cette décision parmi les victimes.

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