Tentative d’assassinat de la directrice des Baumettes : un « contrat » dévoilé
Un « contrat » pour l’assassinat de la directrice de la prison des Baumettes évoqué au tribunal
Ce mardi 13 janvier, deux détenus comparaissaient devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille. Ils sont poursuivis pour avoir relayé sur les réseaux sociaux un message faisant l’apologie d’un crime et pour avoir proféré des menaces ou des actes d’intimidation envers une personne dépositaire de l’autorité publique.
Ce message, provenant de la DZ Mafia, promettait 120 000 euros à quiconque tuerait la directrice de la prison des Baumettes. La procureure a requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis, avec mandat de dépôt pour ces deux hommes.
Les prévenus et leur situation
L’un des prévenus, Sabrina M., a choisi de ne pas comparaître. Elle est actuellement en détention à Rennes, pour des faits de vol avec violence, recel et outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique.
Le second, Othmane B., a été présenté en visioconférence depuis la prison de Nantes, où il a été transféré récemment. Il est incarcéré depuis juin 2024 à la prison de Val de Reuil, pour des accusations de vol aggravé, viol, séquestration et proxénétisme aggravé.
Le témoignage de la directrice des Baumettes
Karine L., qui était à la tête de la prison des Baumettes lors des faits, était présente à l’audience. Protégée par les unités d’intervention de l’administration pénitentiaire, elle portait un gilet pare-balles. Elle a dû quitter son poste peu après l’incident pour des raisons de sécurité et travaille désormais à Paris.
Elle a exprimé avec émotion l’impact de cet appel à l’assassinat sur sa vie : « Vous avez brisé ma vie! Ce que vous avez fait a bouleversé ma vie. C’est un appel à un assassinat avec un risque majeur de mourir, un risque pour mes amis, pour ma famille, pour la France ».
Karine L. raconte avoir été contrainte de quitter Marseille en seulement deux semaines, pour un poste à Paris qu’elle n’avait pas choisi. Elle explique aussi qu’elle vit aujourd’hui dans un isolement difficile, après avoir été transférée en urgence, peu avant l’ouverture du centre pénitentiaire de Baumettes 3.
Les déclarations du prévenu Othmane B.
Othmane B. admet avoir partagé le message sans en prêter attention, en faisant une capture d’écran sur TikTok puis en le relayant sur Snapchat. Il explique ne pas avoir compris le contenu en petit caractères, et regrette son geste. Il précise également ne pas avoir de lien avec Marseille ou le narcotrafic.
« J’ai relayé et j’ai supprimé le message une heure après », indique-t-il, ajoutant qu’il ne connaît pas Karine L.
Il justifie son action par son compte de pronostics sportifs sur Snapchat, dont le nom commence aussi par DZ, une référence à sa nationalité algérienne. Il affirme avoir agi pour attirer plus de viewers, en précisant qu’il n’a aucun lien avec la criminalité organisée.
Les réactions du tribunal
Les explications d’Othmane B. n’ont pas convaincu la présidente du tribunal ni les avocats de la défense. Ces derniers ont souligné les conséquences durables de cet incident sur la vie de Karine L., qui a été profondément affectée par ces menaces.
La procureure a insisté sur le rôle des réseaux sociaux dans la propagation de la haine et la criminalité organisée. Elle a souligné que ces messages ne sont pas anodins, et que des individus comme Othmane B. participent à élargir la réseau de la DZ Mafia.
Le tribunal doit rendre sa décision lors du délibéré prévu pour le 28 janvier. L’avocate de Othmane B. demande sa relaxe, contestant la qualification de « plainte » et « intimidation » retenue contre son client.



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