Chloé face à son agresseur : le procès qui pourrait tout changer

Chloé, victime d’une tentative de meurtre, attend que la vérité soit dite

Le procès de Marvin J. s’ouvre ce jeudi 15 janvier à Blois (Loir-et-Cher). L’homme est poursuivi pour avoir tenté de tuer son ex-compagne en décembre 2022, peu après leur séparation. Deux heures avant le drame, un policier avait refusé de prendre la plainte de la jeune femme.

Chloé, aujourd’hui âgée de 26 ans, sera partie civile lors du procès. Elle a été gravement blessée lors de l’agression, restée deux mois en soins intensifs, et conserve encore de lourdes séquelles. Elle a survécu à une attaque qui aurait pu lui être fatale. La jeune femme, traumatisée, attend désormais une réponse judiciaire. Son avocate, Me Isabelle Steyer, souligne qu’après trois ans, elle souhaite que la vérité soit dite et que les faits soient reconnus.

Menaces, harcèlement et violences

C’est un voisin qui a alerté les autorités le 13 décembre 2022. Il a expliqué avoir entendu des hurlements devant chez lui. Lors de leur arrivée, les policiers ont trouvé Chloé inconsciente dans le hall de son immeuble, baignant dans son sang, avec de graves blessures à la tête.

Transportée à l’hôpital de Tours, elle a été rapidement placée en soins intensifs. Les examens ont révélé d’importantes lésions cérébrales, son pronostic vital ayant été engagé. Son arrêt de travail a été fixé à 120 jours. Les enquêteurs ont rapidement identifié Marvin J., son ex-compagnon, comme le suspect. Il était déjà connu pour des violences sur une autre ex-compagne.

Chloé avait rencontré cet homme sur un site de rencontres quatre mois plus tôt, en août, et ils s’étaient séparés peu après. Avant l’agression, Marvin J. s’était montré très menaçant, et la jeune femme avait commencé à préparer un dossier pour déposer une plainte contre lui.

Les policiers ont recherché le suspect, qui a pris la fuite après l’agression. Il a été arrêté deux jours plus tard chez son père, à Plaisir, dans les Yvelines. Lors de sa garde à vue, il a expliqué qu’il voulait simplement demander des explications à Chloé sur leur rupture, notamment après avoir appris qu’elle avait avorté la veille. Il a reconnu lui avoir donné plusieurs coups de pied dans la tête, mais nie avoir eu l’intention de la tuer. Malgré cela, le parquet a requis son renvoi devant une cour d’assises pour « tentative de meurtre aggravée ».

Une altercation en pleine rue et la réponse des policiers

Quelques heures avant l’agression, le 13 décembre, Chloé et Marvin J. s’étaient déjà affrontés dans la rue à Blois. Sous l’œil de policiers municipaux, l’ex-compagnon s’était montré agressif et insultant envers elle. La police n’avait pas pu agir davantage, car aucun coup n’avait été porté. Les agents avaient conseillé à Chloé de déposer plainte à la police nationale.

Elle s’était rendue au commissariat peu après 17 heures, mais la plainte n’a pas été enregistrée immédiatement. L’agent lui a demandé de revenir le lendemain avec plus d’éléments. Par ailleurs, des agents de la Brigade anti-criminalité avaient surveillé Marvin J., pensant qu’il vendait des drogues. Ils n’ont rien trouvé de suspect et sont repartis.

Un policier suspendu et la polémique

Le policier qui a refusé de prendre la plainte a été suspendu et entendu par l’IGPN. Il explique qu’il était occupé avec d’autres tâches. L’enquête a conclu qu’il avait commis une « faute professionnelle » en demandant à Chloé de revenir le lendemain. La ministre de l’Égalité, Isabelle Rome, a dénoncé cette situation comme un « cas désastreux » et a demandé des sanctions. En mai 2023, le policier a été mis d’office à la retraite, perdant son salaire et sa pension complète.

Les séquelles et l’état actuel de Chloé

Deux mois après l’agression, Chloé a repris conscience. Elle souffre désormais de cécité à l’œil droit, de lésions cérébrales et de divers troubles. Son quotidien est marqué par l’angoisse, le stress et une fatigue intense. Son avocate souligne que la peur envahit souvent la jeune femme, qui voit tout comme un danger potentiel.

Me Isabelle Steyer espère que le procès ne servira pas à minimiser ou banaliser la gravité des faits. Elle souhaite que justice soit rendue pour sa cliente, victime d’une tentative de féminicide.

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