Les gouttelettes de sang oubliées qui auraient tout changé dans l’affaire Pelicot
Les gouttelettes de sang oubliées qui auraient pu changer le destin de Gisèle Pelicot
Le verdict tant attendu pour l’affaire des viols de Mazan a été rendu le 19 décembre 2024. Dominique Pelicot, 72 ans, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Il a été reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur son épouse, Gisèle Pelicot. Il aurait également fait violer cette dernière par des inconnus pendant près de dix ans, en la droguant à son insu.
Ce dossier, très médiatisé, a aussi fait parler à l’échelle internationale. Pourtant, il apparaît que le calvaire de Gisèle Pelicot aurait pu être évité si les erreurs du passé n’avaient pas été commises. En mai 2025, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé des comptes à l’Inspection générale de la justice. Il a souligné que Dominique Pelicot aurait pu être mis hors d’état de nuire dès 2010, bien avant le début des viols présumés sur son épouse.
Une preuve clé retrouvée en 2010
En juillet 2010, Dominique Pelicot a été arrêté en région parisienne pour avoir filmé sous les jupes de femmes dans un supermarché. Suite à cette arrestation, il a été contraint de fournir son ADN. Celui-ci a été inscrit dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), qui recense depuis 1998 les profils ADN de personnes impliquées dans certains crimes ou portées disparues.
Ce qui a été découvert à l’époque a été une surprise : l’ADN de Dominique Pelicot correspondait à des gouttelettes de sang prélevées en 1999, lors d’une tentative de viol à Villeparisis, en Seine-et-Marne. En mai 1999, une jeune femme de 19 ans, prénommée Marion, avait été agressée dans un appartement. Elle avait été ciblée par un homme tentant de l’endormir avec un produit anesthésiant, un cutter à la main. La victime avait réussi à lui échapper.
Une erreur aux conséquences dévastatrices
À l’époque, cette information a été transmise au parquet de Meaux. Cependant, aucune poursuite n’a été engagée contre Dominique Pelicot. Cette omission a eu des conséquences graves. Si Pelicot avait été poursuivi en 2010 pour cette tentative de viol, il aurait peut-être été empêché de continuer ses actes sur son épouse.
Ce n’est que bien plus tard, face à la présence de son ADN dans le fichier, que Dominique Pelicot a reconnu sa participation à l’agression de Villeparisis. Il est également soupçonné d’être impliqué dans une autre affaire : le viol et le meurtre de Sophie Narme en 1991, mais il nie toute implication dans ce dernier dossier.



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