Viols d’enfants à Lucenay : comment Romain G. a-t-il pu agir si longtemps ?

Déjà inculpé en janvier 2025 pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, Romain G., 40 ans, a été de nouveau mis en examen ce 10 avril après l’identification de 31 nouvelles victimes présumées. Il aurait agi entre 2020 et 2024 à Lucenay (Rhône).

Il est des affaires dont on devine d’emblée qu’elles vont prendre une ampleur hors du commun. Celle du « pédophile de Lucenay » en fait partie. Par le nombre vertigineux des victimes – déjà trente-quatre formellement identifiées – mais aussi par cette question lancinante, presque insupportable : comment un tel prédateur a-t-il pu agir aussi longtemps sans être inquiété ?

Comme dans les affaires Joël Le Scouarnec ou Dominique Pelicot, une autre hypothèse s’impose, plus dérangeante encore : et si certains avaient su et choisi de se taire ?

Tout commence fin 2024 lorsque trois élèves de CM1 de l’école Robert-Doisneau, à Lucenay (Rhône), se confient à leurs parents. Ils ont été invités pour le week-end chez un copain de classe, et, dans la grande maison avec piscine et trampoline, le père de leur ami les a agressés sexuellement. Les parents, sous le choc, alertent immédiatement les gendarmes.

Les militaires convoquent discrètement le suspect, un certain Romain G., qui nie en bloc. L’homme, âgé de 40 ans, est marié, père de deux enfants et régisseur de cinéma (il a par exemple collaboré à la série Kaamelott en 2007) bien introduit dans le milieu du showbiz. Il est également très impliqué en tant que parent d’élève dans les activités parascolaires. Un profil sans aspérités, presque irréprochable. Et les enquêteurs n’ont aucune preuve matérielle. À l’issue de cette première audition, il est pourtant mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs… avant d’être laissé provisoirement en liberté.

Quelques jours plus tard, coup de théâtre. Romain G. tente de mettre fin à ses jours en se pendant à un arbre. Les secours le sauvent in extremis. Mais avant son geste, il a laissé une lettre d’adieu à sa famille dans laquelle il livre des aveux accablants. Parmi les extraits publiés par Le Monde, on peut lire entre autres : « Je pense être né comme ça, je n’ai pas choisi d’aimer les garçons, les trop jeunes garçons […] Je me suis haï pour ça, mais je n’ai jamais eu la force d’en parler […] Je dois mourir, je suis un monstre. »

Après un court séjour en hôpital psychiatrique, Romain G. est à nouveau placé en garde à vue. Cette fois, il reconnaît une trentaine d’agressions sexuelles et de viols sur des garçons âgés de 3 à 9 ans, entre 2020 et 2024. Les faits se sont tous déroulés chez lui, à l’occasion d’anniversaires ou de soirées pyjama organisés pour son fils et sa fille. Dans son ordinateur, les enquêteurs découvrent plus de 300 vidéos et photos, archivées soigneusement, le montrant en train d’abuser de ses petites victimes, dont certaines, complètement nues, semblent avoir été droguées. Cette fois, Romain G. est écroué.

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Source : Le nouveau detective

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