Louvre : la sécurité négligée, un rapport dénonce des dysfonctionnements alarmants

Une sécurité négligée au Louvre, selon un rapport parlementaire

Les questions de sécurité au Louvre ont été « reléguées au second plan » ces dernières années, selon le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire. Alexis Corbière déplore un manque de transparence dans la désignation des responsables des musées et met en évidence plusieurs dysfonctionnements.

Ce rapport fait suite au cambriolage spectaculaire survenu le 19 octobre dernier. Lors de cet incident, huit joyaux de la Couronne, d’une valeur estimée à 88 millions d’euros, ont été dérobés en pleine journée. Le vol a mis en lumière d’importantes failles dans la sécurité du musée, qui accueille environ 9 millions de visiteurs chaque année.

Des failles de sécurité déjà connues

Les travaux de la commission ont inclus une vingtaine d’auditions et tables rondes, avec plus d’une centaine de personnes interrogées. Des déplacements en France et à l’étranger ont également été réalisés avant la publication du rapport.

Il apparaît que des « failles en matière de sûreté et de sécurité étaient connues » depuis plusieurs années. Des rapports, notamment deux audits – l’un réalisé en 2017 et un autre en 2019 par le joaillier Van Cleef & Arpels – ont souligné l’obsolescence des dispositifs de sécurité.

Pourtant, ces problématiques ont été « reléguées au second plan », derrière des objectifs de rayonnement et d’influence du musée, selon le rapporteur. La Cour des comptes avait déjà alerté début novembre en concluant que le Louvre privilégiait des opérations visibles au détriment de la sécurité. Une enquête administrative menée après le cambriolage a aussi révélé une sous-estimation chronique des risques liés à la sécurité.

Selon Alexis Corbière, la sécurité n’était pas une priorité pour l’ancienne direction du musée, bien qu’elle se défende de cette accusation. La gestion a été critiquée, notamment pour une prise en compte insuffisante des audits de sécurité.

Recommandations pour renforcer la sécurité

Le rapportiste recommande notamment d’augmenter les moyens du fonds de sûreté, créé par l’ancienne ministre de la Culture Rachida Dati après le cambriolage. Actuellement doté de 30 millions d’euros, ce fonds doit permettre de mettre aux normes les dispositifs de sécurité des musées.

Il préconise également de renforcer la surveillance de la sécurité en augmentant les effectifs de la Mission sécurité, sûreté et audit du ministère de la Culture. Aujourd’hui, seuls trois équivalents temps plein sont en charge de la sécurité de plus de 1 200 musées en France.

Une autre proposition clé concerne la procédure de nomination des dirigeants des musées. Le rapport suggère de la rendre plus transparente, en permettant une élection par le conseil d’administration, où siégeraient notamment des parlementaires. Actuellement, ces responsables sont nommés par décret de l’Élysée.

Laisser un commentaire