Féminicide à Franconville : son mari renvoyé devant les assises

Féminicide d’Hadjira dans le Val-d’Oise : son mari renvoyé devant les assises pour « homicide par conjoint »

Hadjira, âgée de 44 ans, a été tuée en juillet 2023 à Franconville (Val-d’Oise), après avoir reçu plusieurs coups de couteau dans son appartement. Son mari, Azzedine B., est désormais poursuivi pour son meurtre et renvoyé devant la cour d’assises.

Deux ans et demi après le drame, l’homme de 53 ans a été mis en examen pour homicide par conjoint, selon une ordonnance datée du 8 janvier, consultée par BFMTV. Il est suspecté d’avoir porté plusieurs coups de couteau à Hadjira lors d’une dispute survenue dans leur logement, au cours de laquelle des tensions liées à la jalousie et à des soupçons d’adultère ont éclaté.

Les circonstances du meurtre

Le 21 juillet 2023, en début de soirée, un proche du couple a alerté la police, inquiet de ne pas avoir de nouvelles d’Azzedine B. et d’Hadjira. Lors de leur intervention, les policiers ont découvert une porte verrouillée à l’intérieur de l’appartement. Après avoir brisé une vitre, ils ont pénétré dans le logement.

Ils ont d’abord trouvé Azzedine B. dans la cuisine, gravement blessé, entouré de médicaments. Dans le salon, le corps d’Hadjira gisait dans une mare de sang. Les deux enfants du couple, âgés de 2 et 4 ans, étaient également présents dans l’appartement. Les secours ont rapidement emmené Azzedine B. à l’hôpital, où son état a été considéré comme grave. En revanche, Hadjira n’a pas survécu à ses blessures. Elle avait reçu 14 coups de couteau, touchant notamment le thorax, l’abdomen, et les bras.

Les premiers éléments de l’enquête

Le 25 juillet, Azzedine B. a été interrogé après avoir été stabilisé. Il a d’abord raconté qu’une altercation avait eu lieu deux jours plus tôt, au cours de laquelle Hadjira s’était blessée elle-même avec un couteau. Progressivement, il a reconnu avoir porté les coups lors de cette dispute.

Les enquêteurs ont découvert sur son téléphone des messages et des enregistrements compromettants. Dans une conversation avec sa sœur, il écrit : « Cette nuit c’est sa nuit ». Un enregistrement audio de 13 minutes montre un homme reprochant un adultère à son épouse, lui ordonnant de « fermer sa gueule » et la traitant de « pute ». On y entend également la femme implorer : « Ne me tue pas, mes enfants ». Une photo prise à 2h35 montre Hadjira inerte, baignant dans une mare de sang.

Une histoire marquée par des tentatives de protection

Il apparaît que Hadjira avait déjà tenté de se protéger de son mari. En janvier 2023, elle avait porté plainte pour violences conjugales et avait quitté son domicile pour vivre chez son frère. Son téléphone contenait plusieurs notes évoquant des mauvais traitements. Entre mars et juin 2023, elle avait effectué des recherches sur ses droits en tant que victime de violences et sur les démarches de séparation. En mai, elle avait demandé une ordonnance de protection, qui avait été rejetée. Un mois et demi avant le drame, elle était retournée vivre avec son mari.

Les contradictions du suspect

Initialement, Azzedine B. avait reconnu les faits lors de sa première garde à vue. Cependant, par la suite, il a changé de version, contestant son implication ou affirmant ne plus se souvenir des événements. Malgré cela, le juge d’instruction a conclu que son intention homicide était avérée, le renvoyant devant la cour d’assises pour « meurtre sur conjoint ».

La défense de l’accusé n’a pas souhaité faire de commentaire. La procédure judiciaire se poursuit dans ce dossier, marqué par la violence conjugale et le féminicide.

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