Sarah Halimi : de nouveaux éléments relancent l’enquête et suscitent l’espoir

Une demande de réouverture de l’instruction

Me Olivier Pardo, avocat de la famille de Sarah Halimi, affirme qu’il existe « des éléments nouveaux » concernant le meurtre de cette femme de 65 ans, tuée en 2017 par Kobili Traoré. Ce dernier l’avait jetée du haut d’un balcon en criant « Allah Akbar ». Selon l’avocat, ces éléments montrent que l’acte aurait été prémédité et motivé par une démarche politique liée à la cause palestinienne.

La famille a déposé une requête auprès de la cour d’appel de Paris pour demander la réouverture de l’enquête. La Cour de cassation, en avril 2021, avait confirmé l’absence de procès, en considérant que l’acte était dû à une « bouffée délirante » provoquée par une consommation importante de cannabis. La justice avait alors jugé Traoré pénalement irresponsable.

Traoré dans une autre affaire

Par ailleurs, Kobili Traoré est mis en examen dans une autre affaire. En février, le parquet de Paris a indiqué qu’il était suspecté d’avoir agressé, le 27 janvier, une personne chez qui il se fournissait en stupéfiants. Il aurait agi avec deux autres suspects, dans le cadre d’un litige financier.

Depuis l’affaire Halimi, Traoré a été placé en soins en unité pour malades difficiles (UMD) jusqu’en 2020, puis en hôpital jusqu’en 2023, de nouveau en UMD pendant un an, puis hospitalisé à partir de septembre 2024. Selon l’avocat Olivier Pardo, il ne s’agit pas d’un simple « voyou » mais d’un « assassin ». Il dénonce également la persistance de comportements antisémites, notamment le refus de se faire suivre par des infirmières de confession juive lorsqu’il est à l’hôpital.

Une préméditation contestée

Me Olivier Pardo insiste sur le fait que l’acte de Traoré était prémédité. Il cite un enregistrement d’un voisin, réalisé en public depuis le balcon, où l’on peut entendre Traoré s’exprimer. Bien que cette scène ait été incluse dans le dossier d’instruction, l’enregistrement était inaudible jusqu’à ce qu’un expert près de la Cour de cassation parvienne à analyser ce qu’il disait.

Selon l’avocat, Traoré n’était pas en état délirant lorsqu’il a commis son acte. Il aurait, au contraire, eu une démarche politique claire, évoquant « Abou Mazen », nom de guerre de Mahmoud Abbas, président de la Palestine. Traoré aurait ainsi tenu un discours public pour justifier son action, ce qui ne correspond pas à une bouffée délirante.

Une motivation politique

Traoré aurait agi « pour la cause palestinienne », évoquant le nom d’Abou Mazen comme preuve d’une conscience politique forte. Il aurait déclaré « pour les Palestiniens » devant des voisins, sur le balcon. Selon maître Pardo, cette déclaration démontre que son acte n’était pas le fruit d’un délire, mais d’une motivation politique consciente.

Il précise également qu’avec une « bouffée délirante », une personne pourrait agir de façon impulsive et aléatoire, mais pas préméditer une attaque ciblée contre une personne spécifique, en l’occurrence une femme juive. Il estime que la préméditation ne peut pas coexister avec un état de délire.

Un témoignage clé

Me Olivier Pardo met en avant le témoignage d’une voisine policière de Sarah Halimi. Selon lui, cette femme aurait confié à William Attal, un proche de la victime, qu’elle savait que Traoré allait passer à l’acte. Elle aurait fait ces confidences la veille de l’assassinat, ce qui pourrait constituer une preuve de préméditation.

Le avocat demande au parquet général de prendre en considération ces éléments et d’entendre cette policière, qui n’a pas encore été entendue dans l’enquête. Il souhaite que la justice examine attentivement ces nouveaux indices, notamment le possible lien avec la consommation de drogues telles que le crack.

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