Balkany condamné à 3 ans de prison dont 18 ferme !
Requête de trois ans de prison, dont 18 mois ferme, contre Patrick Balkany
L’ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, est jugé depuis mardi à Nanterre (Hauts-de-Seine) pour des accusations de « détournement de fonds publics » et de « prise illégale d’intérêts ». La procureure de la République a requis une peine de trois ans de prison, dont 18 mois ferme et 18 mois avec sursis probatoire. Elle a également demandé une amende de 350 000 euros et une peine d’inéligibilité de dix ans contre l’ancien élu.
Le procès a débuté par une dénonciation de la longévité politique de Patrick Balkany, visant à mettre en lumière ce que la magistrate qualifie d’infractions commises « durant toutes ces années ».
Un système Balkany dénoncé
La procureure a souligné l’existence d’un « système Balkany » à Levallois-Perret, caractérisé selon elle par une « omerta » dans la gestion de la ville. Elle évoque un « écosystème » dans lequel l’ancien maire aurait offert un « emploi de complaisance » à un proche, Renaud Guillot-Corail.
Ce dernier, ancien collaborateur de la ville, avait pris la tête d’une association satellite après sa retraite en 2012, avec un salaire mensuel de 5 447 euros pendant six ans. Décédé en 2020, il n’a jamais été auditionné lors de l’enquête.
Selon la justice, Patrick Balkany aurait volontairement gonflé les subventions versées à cette association au profit de son proche, en lui versant un salaire conséquent en complément de sa retraite. La procureure estime que cette opération a permis à Guillot-Corail de percevoir environ 11 500 euros par mois pendant près de six ans.
Lors de l’audience, Patrick Balkany a nié tout lien d’amitié avec Guillot-Corail, affirmant qu’il s’agissait d’un collaborateur. Il a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais occupé d’emplois fictifs ni favorisé sa famille ou ses amis dans ses fonctions.
Les éléments de l’enquête
La procureure a passé plus d’une heure à exposer des éléments laissant penser que Guillot-Corail n’aurait pas réellement travaillé dans une structure créée spécialement pour lui. Elle souligne qu’il a touché un salaire élevé en plus de sa retraite, ce qui lui aurait permis d’atteindre environ 11 500 euros de revenus mensuels.
Elle a également listé tous les avantages en nature dont il a bénéficié grâce à une « carte bleue de l’association », notamment plusieurs voyages en République dominicaine, en Guadeloupe ou à Cuba, sans lien évident avec l’activité de l’association.
Selon la magistrate, tout cela démontre que Patrick Balkany aurait participé à la mise en place de ce système en votant favorablement l’attribution de subventions à cette association, bénéficiant ainsi à son proche.
Les déclarations de Patrick Balkany
Lors de ses dernières déclarations à la barre, Patrick Balkany a affirmé être « très serein » car il n’a « absolument rien à se reprocher » et se considère comme innocent. Il a insisté sur ses 31 ans de mandat de maire et sa gestion sans emploi fictif, ni favoritisme.
Il a évoqué ses épreuves personnelles, notamment sa condamnation et son passage en prison, qu’il considère comme des conséquences personnelles, tout en affirmant avoir toujours géré sa mairie « dans la légalité ».
La défense et la suite du procès
Robin Binsard, avocat de Patrick Balkany, a plaidé pour la relaxe de son client, dans une intervention énergique. La décision sera rendue le 28 mai à 13h30.
En attendant, l’ancien maire doit rester au tribunal de Nanterre jusqu’à vendredi, puisqu’il doit comparaître dans une autre affaire liée à l’utilisation d’agents municipaux comme chauffeurs personnels, pour laquelle il a indiqué ne plus être en état de poursuivre les débats, se déclarant « assommé ».
L’audience a été suspendue jusqu’à jeudi matin, en attendant la délibération sur cette nouvelle procédure.



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