Un homme de 25 ans condamné à 18 ans pour manipulation et abus en ligne
Un homme de 25 ans condamné à 18 ans de prison pour abus en ligne
Le 25 mars, la cour criminelle du Doubs a condamné Théo Denner, âgé de 25 ans, à 18 ans d’emprisonnement. Il a été reconnu coupable d’avoir manipulé et agressé sexuellement 39 adolescents, âgés de 13 à 19 ans, via internet.
Entre 2018 et 2023, Théo Denner avait créé un faux profil de femme nommé « Aurélie » sur Facebook et Snapchat. Ce profil lui permettait de prendre contact avec des jeunes, notamment dans son entourage.
La victime utilisait ce faux profil pour obtenir des photos et vidéos intimes des jeunes hommes. Ensuite, il leur ordonnait d’avoir des relations sexuelles avec lui, en les menaçant de diffuser leurs images en cas de refus.
La cour a précisé que le jugement concerne la majorité des faits reprochés à l’accusé. Au départ, il était poursuivi pour viols, agressions sexuelles, et atteintes à la vie privée sur 42 adolescents. Finalement, la cour l’a déclaré coupable de ces actes sur 39 jeunes, principalement des hommes.
Un profil de « chasseur sexuel »
Lors du procès, Théo Denner a présenté ses excuses aux victimes. Il a reconnu les faits et exprimé l’espoir que le procès leur permette de mieux aller. Ses avocats ont souligné ses efforts pour accepter son homosexualité, dans un contexte familial difficile où cette orientation était mal vue.
Le profil « Aurélie » lui permettait de séduire plus facilement ses victimes. Selon l’avocat général, Jérémy Lhadi, l’accusé était un « chasseur sexuel », qui aimait traquer, capturer et dominer ses victimes. Il collectionnait leurs photos comme des trophées. Le magistrat a requis une peine de 20 ans de prison avec une période de sûreté de deux tiers. Le parquet a indiqué qu’il n’envisageait pas de faire appel.
Un contexte de chantage et de violences
Théo Denner, qui revendique une sympathie pour la mouvance néonazie, est également jugé pour avoir exercé un chantage à la sextape. Il aurait menacé plusieurs jeunes de son entourage, dans des contextes amical, scolaire ou professionnel, pour obtenir des faveurs sexuelles. Certains d’entre eux ont évoqué des viols, parfois sur plusieurs mois.
Pendant le procès, il a expliqué avoir du mal à accepter son homosexualité, en raison de ses origines familiales où cette orientation était fortement réprimée. Il a expliqué avoir utilisé le profil « Aurélie » pour aborder plus facilement des hommes.
Une expertise psychiatrique a conclu qu’il ne souffrait pas de maladie mentale, mais qu’il présentait une « structure perverse » de sa personnalité. Enfant, il aurait lui-même été victime d’agressions sexuelles par un voisin de 17 ans.
Dans le Nord du département, il exerçait la profession d’apprenti bûcheron. La création du profil « Aurélie » remonte à 2017, permettant d’attirer des hommes en leur montrant des photos dénudées. Ces derniers lui envoyaient en retour des vidéos et photos intimes.
Une première plainte en 2021
Les victimes étaient ensuite forcées d’avoir des relations sexuelles avec Théo Denner, présenté comme également victime de chantage. Elles risquaient la diffusion de leurs images si elles refusaient. La peur et la honte empêchaient souvent de porter plainte.
Ce n’est qu’en 2021 qu’un adolescent de 17 ans, soutenu par sa famille, a décidé de déposer plainte. Son témoignage a permis de révéler l’affaire et de mettre fin aux agissements de l’accusé.
Selon l’avocat Jean-Baptiste Euvrard, cette démarche a été essentielle pour briser le silence et permettre aux victimes de parler. Il a également salué le courage de cet adolescent, qualifié de « héros ».
Enfin, l’avocat général espère que ce procès contribuera à réduire la honte et à encourager d’autres victimes à témoigner, malgré la difficulté de partager leur expérience.



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