Procès Samuel Paty : les révélations choc du verdict tant attendu
Les moments clés du procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty
Ce lundi 2 mars, la cour d’assises d’appel spéciale de Paris doit rendre son verdict dans le cadre du procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty. Après plusieurs semaines de débats, plusieurs moments marquants ont rythmé cette procédure.
Le procès concerne Brahim Chnina, 54 ans, et Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, qui étaient rejugés depuis fin janvier. Ils sont accusés d’avoir participé à une campagne en ligne visant le professeur d’histoire-géographie, tué par Abdoullakh Anzorov le 16 octobre 2020.
Une stratégie de défense offensive menée par Me Francis Vuillemin
Me Francis Vuillemin, nouvel avocat d’Abdelhakim Sefrioui, a adopté une stratégie de défense plus agressive dès l’ouverture du procès. Il a notamment voulu faire entrer dans le débat le comportement supposé « discriminant » de Samuel Paty lors de ses cours. Selon lui, le professeur aurait suggéré aux élèves musulmans de sortir de la classe s’ils étaient choqués par les caricatures.
Il a déclaré devant la presse que la décapitation de Samuel Paty était une horreur qui éclipsait tout le reste. Il a également affirmé qu’il était tabou de dire que Samuel Paty aurait discriminé certains élèves. Pour lui, l’école doit respecter tous les élèves sans distinction de religion.
Ces propos ont vivement contrarié la famille de Samuel Paty. Sa sœur, Gaëlle, a dénoncé une accusation qui lui semblait injuste. Elle a rappelé que son frère était tolérant et curieux des différentes religions. L’avocat a confirmé ne pas regretter ses propos, malgré la controverse.
Recusation de magistrats et questions sur leur impartialité
Deux magistrates siégeant lors du procès ont été écartées en raison d’un doute sur leur impartialité. Il s’agit d’une situation rare dans ce type de procédure. L’information a été révélée par Me Frank Berton, avocat de l’un des accusés, qui a qualifié cette situation d' »inhabituelle ».
Ce problème a été soulevé par les avocats de la défense lors de la déposition de Zohra Chnina, la fille de Brahim Chnina. Lors de cette audience à huis clos, ces magistrates auraient formulé des questions qui ont été perçues comme manifestant une opinion. En conséquence, elles ont été remplacées, mais le procès a pu continuer normalement.
Modification du témoignage de Laurent Nuñez et réaction de la défense
A une semaine du verdict, un incident a marqué l’audience. Laurent Nuñez, ancien coordinateur national du renseignement, a été amené à témoigner par voie écrite. Sa déclaration a suscité la controverse, notamment parce qu’il a indiqué que désigner publiquement Abdelhakim Sefrioui ne le mettait pas en danger.
En revanche, dans un mail envoyé par la suite à la présidente de la cour, Laurent Nuñez a affirmé qu’il existait un lien certain entre les publications des accusés et la mort de Samuel Paty. Il a insisté sur la « certitude » de cette causalité, basée sur sa connaissance du dossier.
La réaction de la défense a été virulente. Me Vincent Brengarth, avocat d’Abdelhakim Sefrioui, a dénoncé une « attribution de responsabilité » du gouvernement et une atteinte à la séparation des pouvoirs. Il a aussi critiqué cette déclaration comme une « variation indiscutable » de la déposition initiale de Laurent Nuñez, pouvant constituer un faux témoignage.
Le parquet a requis, le 27 février, vingt ans de prison contre Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui. Lors du premier procès, ils avaient été condamnés respectivement à 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste. La cour d’assises avait lié leur campagne en ligne à l’assassinat.



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