Un couple de Milliardaires chinois arrété en Californie pour maltraitance sur 21 enfants

En Californie, un couple de milliardaires chinois a été arrêté après la découverte de 21 enfants maltraités dans leur manoir. Cette affaire met en lumière un phénomène récent : des riches chinois viennent aux États-Unis pour faire naître leurs enfants par gestation pour autrui (GPA), en profitant des failles du système juridique américain.

Une histoire surprenante de GPA

En début 2025, Kayla Elliott, mère porteuse à Corpus Christi, Texas, ne se doutait de rien. Elle était enceinte de plusieurs mois lorsqu’elle a reçu un message sur Facebook d’une femme affirmant porter un enfant pour le même couple de milliardaires chinois installés à Los Angeles. Inquiète, elle a pris contact avec la société spécialisée en GPA, Mark Surrogacy, qui l’a mise en relation avec ses futurs parents. Leur conseiller lui a assuré que tout était normal, même si le couple souhaitait avoir plusieurs enfants et avait déjà fait appel à une autre mère porteuse. Il a même ajouté une phrase étrange, qui prend un sens sinistre à la lumière des événements : « Ne vous en faites pas, ils n’ont certainement pas un million d’enfants. »

Kayla Elliott, 26 ans, mère de quatre enfants et femme de ménage, n’a pas insisté. Elle a accouché en mars 2025 d’un petit garçon nommé Hays. Le couple, composé de Guojun Xuan, 64 ans, et Sylvia Zhang, 36 ans, lui a remis une enveloppe de billets, un bouquet de roses et un bracelet en jade. Elle a alors pensé que tout allait bien. Mais peu de temps après, le couple a coupé contact, et l’expérience est tombée dans l’oubli… jusqu’en mai 2025, lorsqu’elle a rejoint un groupe Facebook regroupant plus d’une dizaine de femmes ayant porté des enfants pour le même couple. Une véritable armada de mères porteuses.

Les restrictions sur la GPA et ses enjeux

Depuis décembre dernier, plusieurs médias américains s’interrogent sur cette vague. Le 13 décembre, The Wall Street Journal titrait : « Des milliardaires chinois ont des dizaines de bébés nés aux États-Unis par mère porteuse. » Trois jours plus tard, Courrier International évoquait la possibilité d’avoir 100 ou 200 enfants, une pratique dénoncée comme une dérive. En France, Le Point relayait aussi cette information. La question est : pourquoi ces milliardaires chinois choisissent-ils de recourir à la GPA aux États-Unis ?

Le magazine The New Yorker explique que la législation américaine ne régule pas strictement la pratique. Seul l’État de New York exige une licence spécifique. Dans les autres États, il est possible d’enrôler des femmes américaines comme mères porteuses en toute légalité, souvent contre rémunération.

La première affaire connue remonte à l’été 2023. Xu Bo, un magnat chinois du jeu vidéo, a été mis en cause. Une juge californienne a constaté que plusieurs enfants, nés par GPA, étaient liés à lui. Xu Bo a exprimé son souhait d’avoir une vingtaine d’enfants aux États-Unis, qu’il voulait rapatrier en Chine. Il aurait en réalité conçu plus de cent enfants grâce à la GPA au cours des dernières années. D’autres cas ont aussi été révélés, comme celui de Wang Huiwu, qui aurait acheté des ovocytes pour avoir des filles destinées à épouser des hommes influents, dans une logique de créer une dynastie familiale.

Une pratique aux enjeux éthiques et juridiques

À l’origine, la GPA permettait à certains citoyens chinois de contourner la politique de l’enfant unique, en vigueur jusqu’en 2015. Les enfants nés aux États-Unis pouvaient ainsi rejoindre leur famille sans restrictions. Aujourd’hui, cette pratique est exploitée par des ultra-riches pour faire naître des dizaines, voire des centaines d’enfants, profitant des failles légales américaines. La société IVF USA, dirigée par Nathan Zhang, soulève des questions éthiques importantes sur le traitement réservé à ces enfants.

Les révélations après l’arrestation

Après l’accouchement de Hays, Kayla Elliott a découvert la véritable nature de cette opération. En 2025, elle a rejoint un groupe Facebook d’autres mères porteuses. Elles ont rapidement compris que l’agence Mark Surrogacy appartenait à Sylvia Zhang, et que leur résidence se trouvait dans un immense manoir à Arcadia, en Californie. Malgré leurs recherches, elles n’ont pas pu comprendre ce qui se passait réellement derrière ces murs.

En mai 2025, un événement dramatique a tout changé. Un nourrisson de deux mois a été admis à l’hôpital avec un grave traumatisme crânien. La police a alors découvert à l’intérieur du manoir au moins 21 enfants, certains vivant sur place avec leurs parents, d’autres dans des logements proches, sous la surveillance de nourrices. Tous étaient nés par GPA. Des blessures, des signes de négligence et des comportements inquiétants ont été constatés chez ces enfants.

Un avenir incertain pour ces enfants

Les examens médicaux ont révélé de graves problèmes de santé, comme des malformations, des retards de développement, ou des infections non traitées. Guojun Xuan et Sylvia Zhang ont été arrêtés pour mise en danger d’enfant et négligence, puis relâchés sous caution. Les enfants ont été placés en famille d’accueil dans plusieurs États américains. Certains ont été trouvés avec des traces de violences ou de négligence, et leur mode de communication avec leurs parents, utilisant des termes comme « Maître » ou « Maitresse », a également suscité l’inquiétude.

Les hypothèses sur le trafic d’enfants ou un réseau criminel organisé restent non prouvées. Certains employés ont rapporté que l’homme voulait simplement constituer une grande famille, avec l’espoir qu’un jour l’un d’eux devienne président des États-Unis. Depuis leur arrestation, peu d’enfants ont maintenu un lien avec leurs parents d’origine. Hays, l’enfant porté par Kayla Elliott, a été placé en famille d’accueil et semble s’en sortir. Kayla, elle, a renoncé à demander sa garde, mais conserve une photo de lui, qu’elle ne veut pas retirer, en souvenir de cette expérience.

Laisser un commentaire