Gisèle Pelicot révèle ses secrets bouleversants dans ses mémoires internationales

Gisèle Pelicot publie ses mémoires

Les mémoires de Gisèle Pelicot, intitulées Et la joie de vivre (édité chez Flammarion), paraissent ce 17 février. Traduites en 22 langues, elles seront disponibles dans plus de vingt pays. Dans cet ouvrage, elle revient sur une affaire qui a marqué l’opinion mondiale.

Un récit intime et bouleversant

À 73 ans, Gisèle Pelicot évoque dans ses mémoires les épreuves qu’elle a traversées. Elle raconte notamment l’effondrement de sa vie conjugale et familiale après l’affaire dite des « viols de Mazan ». Elle parle dès les premières lignes de « Dominique », son ancien mari, condamné en décembre 2024 à 20 ans de prison pour avoir drogué, violé et fait violer.

Une relation marquée par la douleur

Elle explique qu’elle ne l’appelait jamais ainsi, préférant les diminutifs affectueux. Mais lors de l’écriture de son histoire, elle a choisi de l’appeler par son prénom, Gisèle Pelicot. Elle revient aussi sur le moment où son mari, en larmes, lui avoue avoir été pris en flagrant délit en train de filmer sous les jupes de femmes dans un supermarché. Elle évoque la confiscation de ses appareils lors de sa convocation au commissariat. Elle dit même se sentir presque soulagée en apprenant cette nouvelle, craignant que son mari ne soit malade ou que son cancer ne soit revenu.

« C’est terrible d’imaginer mon mari poursuivre ces femmes, insupportable de me le représenter en agresseur, mais pas si irréversible sur l’échelle de mes craintes où tout drame se mesure à l’aune de la mort. »

Les premières souffrances de sa jeunesse

Gisèle Pelicot a perdu sa mère d’un cancer alors qu’elle était enfant. Elle se croit condamnée, rongée par une tumeur, comme sa mère. Dès l’apparition de ses symptômes, elle ressentait fatigue, pertes de mémoire, sans que la médecine ne parvienne à expliquer ces troubles. Après dix années d’errance médicale, elle trouve enfin des réponses au commissariat de Carpentras. C’est là qu’elle découvre que ses problèmes étaient liés à son mari et aux drogues qu’il lui faisait prendre à son insu. Elle raconte en détail cette convocation, lors de laquelle son mari, Dominique Pelicot, est aussi interrogé. Lui, ne ressortira pas de cette enquête.

Les révélations et la descente aux enfers

Elle se souvient être montée à l’étage, pensant retrouver son mari, et lui avoir immédiatement présenté des excuses. Lors de cette confrontation, des images pornographiques lui sont montrées. Elle décrit une femme en porte-jarretelles, un homme derrière elle. Elle ne reconnaît pas les individus, mais se souvient que la police lui affirme que 53 hommes seraient venus chez eux pour la violer. La police indique que sa bouche était paralysée de stress et de peur. Elle raconte aussi la déflagration qu’a été cette révélation pour elle, et l’appel qu’elle a passé à une amie ainsi qu’à son beau-fils, pour leur annoncer la terrible nouvelle. Elle informe ses enfants plus tard dans la soirée, après la découverte de photos compromettantes dans l’ordinateur de leur père.

Une famille brisée et un procès historique

Gisèle Pelicot évoque aussi ses rendez-vous avec la juge d’instruction et le diagnostic posé par un expert psychologue : elle serait sous la coupe de son mari. Elle souligne la complexité des versions différentes de l’histoire, celles des enfants, des policiers, des experts, et la sienne. Elle insiste sur le fait qu’elle a été heureuse, malgré la situation. L’ouvrage évoque aussi « le premier Noël de la famille pulvérisée », marquant la fin d’une époque pour cette famille.

Le procès devant la cour criminelle

Elle revient sur le procès, initialement prévu à huis clos, mais qu’elle a finalement décidé de rendre public en mai 2024. Elle décrit le regard des accusés, la stratégie de défense, ses échanges avec le public, et le soutien de ses avocats. Elle explique aussi avoir été considérée comme digne par les médias, même si elle avoue ne pas toujours savoir pleurer en public. Au fil des audiences, elle accepte l’aide d’une juriste spécialisée dans l’aide aux victimes.

Un combat contre le statut de victime

Gisèle Pelicot affirme qu’elle n’aime pas le statut de victime, ni ne s’est jamais sentie une icône. Elle précise qu’elle aurait simplement rempli une mission qui la taraudait depuis l’âge de seize ans. Elle prévoit aussi de rendre visite à son ancien mari en prison, malgré les conseils contraires. Pour elle, cette visite sera une étape essentielle pour sa reconstruction, un adieu nécessaire.

Les condamnations dans l’affaire

Dans cette affaire, 51 hommes ont été condamnés, dont Dominique Pelicot. Ce dernier a écopé de la peine la plus lourde, 20 ans de prison, pour « viols aggravés » sur son épouse.

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