Trafic de cigarettes à Fleury-Mérogis : un million d’euros en jeu

Une affaire de trafic de cigarettes impliquant une prison de Fleury-Mérogis

Une directrice financière, un surveillant de la prison de Fleury-Mérogis, ainsi que la femme de ce dernier, seront jugés en avril à Évry (Essonne). Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un trafic de cigarettes évalué à plus d’un million d’euros au sein de l’établissement.

Ce trafic, qui aurait duré plusieurs années, aurait permis un détournement de fonds au profit de la famille du surveillant. La directrice des finances de la prison, son frère qui est surveillant, et son épouse ont été interpellés en début de semaine. Ils ont été placés en comparution immédiate vendredi, mais leur dossier a été renvoyé au 16 avril afin qu’ils puissent préparer leur défense.

Le rôle du surveillant principal dans le trafic

Le principal mis en cause est un surveillant en poste depuis 2012. En tant que chef du magasin central de la prison, il était responsable de la gestion des stocks. Selon l’enquête, il a reconnu avoir détourné des cigarettes destinées aux détenus pour les revendre à l’extérieur, réalisant ainsi un profit personnel.

Un préjudice financier estimé à plus d’un million d’euros

Les investigations, menées par la brigade des stupéfiants de Juvisy-sur-Orge et le groupe interministériel de recherches du département, indiquent que ce trafic a duré entre janvier 2020 et début 2026. La perte subie par l’administration pénitentiaire est estimée à plus d’un million d’euros.

La sœur du surveillant, qui occupe également une position hiérarchique, est suspectée d’avoir permis ce détournement par négligence. Elle aurait aussi profité de vacances payées par son frère avec l’argent provenant du trafic, selon la présidente du tribunal. Elle nie toute connaissance du trafic.

Saisie d’argent et de cigarettes

Lors d’une perquisition chez le surveillant et son épouse, les enquêteurs ont découvert plus de 180.000 euros en espèces dans un coffre-fort, ainsi que des cartons de cigarettes. La femme, infirmière et seule personne prévenue ne travaillant pas à la prison, n’a pas été mise en cause dans le trafic.

Le surveillant aurait utilisé cet argent pour financer ses dépenses personnelles, sa famille, des voyages et des travaux d’embellissement à son domicile. Les comptes bancaires du suspect ne montraient toutefois aucun mouvement financier récent.

Il a été placé en détention provisoire à Paris en attendant son procès. Lors de l’audience, il a affirmé que sa femme et sa sœur n’avaient rien à voir avec cette affaire. À l’issue du renvoi, elles ont été placées sous contrôle judiciaire, avec interdiction de contacter leurs coaccusés et de quitter le territoire français.

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