Réouverture d’enquête sur l’appartement parisien de Jeffrey Epstein

Une ONG demande la réouverture d’une enquête sur l’appartement parisien de Jeffrey Epstein

Une organisation française de lutte contre les violences sexuelles sur mineurs réclame la reprise d’une enquête ouverte en 2019. Elle souhaite notamment déterminer si l’appartement parisien de Jeffrey Epstein a été le lieu de crimes sexuels en France et identifier d’éventuelles victimes.

Après la publication de nouveaux documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein le 30 janvier dernier, l’ONG Innocence en danger met en lumière le rôle central de ce logement situé avenue Foch, à Paris. Cet appartement, déjà au cœur d’une enquête il y a quelques années, reste un mystère. La question se pose : Epstein aurait-il commis des actes sexuels sur des mineures dans cette résidence, en toute impunité ?

Pour mieux comprendre ce qui s’est passé en France, l’ONG insiste sur la nécessité de rouvrir l’enquête. Elle souhaite faire toute la lumière sur ce qui s’est déroulé dans ce luxueux appartement de 800 m², où des questions restent sans réponse.

Des découvertes troublantes lors de la perquisition

En octobre 2019, la justice française avait lancé une procédure dans cette affaire, en partie à l’initiative de l’ONG. À cette époque, une jeune femme avait porté plainte, sans viser directement Jeffrey Epstein, mais plutôt l’un de ses proches : Jean-Luc Brunel, directeur d’une agence de mannequins.

Lors de cette perquisition, les forces de l’ordre avaient découvert plusieurs éléments troublants. Selon nos confrères, des photos de femmes, souvent très jeunes et nues, étaient accrochées sur tous les murs, y compris dans les couloirs et les toilettes.

Un voisin de l’époque a confié à BFMTV qu’il voyait Epstein souvent en compagnie de jeunes femmes, généralement entre 20 et 30 ans. Une victime raconte avoir eu des relations sexuelles à plusieurs reprises avec Jean-Luc Brunel, entre l’âge de 16 et 19 ans. Brunel, considéré comme un ami puissant d’Epstein, aurait entretenu des contacts avec de nombreuses jeunes filles à travers le monde. La similitude entre Brunel et Epstein réside dans leur appétit sexuel pour les mineures ainsi que leurs réseaux de contacts.

Une fin brutale pour Jean-Luc Brunel

Mis en examen pour viol aggravé, Jean-Luc Brunel a été retrouvé pendu dans sa cellule en 2022, mettant fin à plusieurs années d’enquête. Cette mort a également permis d’éclaircir certains aspects liés aux potentielles victimes de Jeffrey Epstein.

L’ONG Innocence en danger demande désormais la reprise des investigations. Homayra Sellier, sa présidente, insiste sur la nécessité d’obtenir des réponses. Elle souhaite connaître le rôle éventuel de ressortissants français dans cette affaire et identifier les victimes en France.

Selon elle, plusieurs victimes étaient mineures au moment des faits, mais n’ont jamais parlé par crainte de sanctions ou d’accords de confidentialité. La présidente affirme qu’il est impensable que Jeffrey Epstein ait pu venir à Paris pour simplement y lire ou se détendre, sans que rien ne soit découvert.

Des personnalités françaises évoquées dans l’affaire

Parallèlement, l’affaire Epstein continue de faire trembler certains personnalités françaises, citées dans les documents rendus publics fin janvier. Ces documents évoquent des contacts, parfois rares, parfois plus réguliers, avec le financier américain.

Le cas de Jack Lang, ancien ministre de la Culture et président de l’Institut du monde arabe, a particulièrement attiré l’attention. Convoqué par le ministère des Affaires étrangères pour s’expliquer sur ses liens avec Epstein, il a finalement proposé sa démission de la présidence de l’institut, une décision que l’Élysée et le ministère des Affaires étrangères ont acceptée.

La banquière Ariane de Rothschild, à la tête du groupe Edmond de Rothschild, a également été citée. Elle a déclaré à Politico n’avoir aucune connaissance des comportements personnels de Jeffrey Epstein lors de leurs échanges professionnels.

De plus, Olivier Colom, ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, et Michel Hazanavicius, réalisateur, ont aussi été mentionnés. Ce dernier indique avoir rencontré Epstein à deux reprises, notamment après les Oscars, précisant qu’Epstein cherchait à réseauter et à manipuler des personnes influentes.

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