Procès des CRS pour violences aux Gilets jaunes : l’attente enfin terminée
Le procès de neuf CRS pour violences lors des Gilets jaunes
Ce lundi 9 février marque le début du procès de neuf membres des forces de l’ordre, accusés de violences volontaires lors d’une manifestation des Gilets jaunes le 1er décembre 2018. Les faits se sont déroulés dans un Burger King à Paris, où plusieurs manifestants ont été matraqués.
Ce procès intervient plus de sept ans après l’incident. La longue attente est largement critiquée. Un avocat, Arié Alimi, a souligné sur RMC que ce délai est « astronomique pour la justice » et « extrêmement long pour les victimes ».
Il explique que ces manifestants n’étaient pas des casseurs : ils étaient venus exprimer leur ras-le-bol. Selon lui, ces personnes, qui n’étaient pas habituées à la confrontation avec la police, ont été prises au piège dans un environnement chaotique. Il raconte que certains, simplement venus manifester contre la hausse du carburant, se sont retrouvés dans un nuage de gaz lacrymogène, incapables de respirer, puis ont été frappés par la police. Ces individus avaient une vie normale, avec un enfant, et c’était leur première expérience de confrontation avec la police. L’avocat insiste sur le fait que cette situation devrait être prise en compte par la justice.
Une responsabilité des donneurs d’ordre dénoncée
Le 1er décembre 2018, plusieurs manifestants se sont réfugiés dans un Burger King près de la place de l’Étoile, principalement à cause des gaz lacrymogènes. La hiérarchie policière a souvent évoqué le contexte violent de cette journée pour justifier l’usage de la force.
Arié Alimi questionne cette réponse : « La question, c’est pourquoi et comment en est-on arrivé à une telle confrontation entre une partie de la population française et les policiers ? »
Il regrette également que la hiérarchie policière ne soit pas sur le banc des prévenus. Selon lui, cette journée a été marquée par une explosion de colère et de violence, alimentée par une organisation défaillante. Il souligne que les policiers ont travaillé dès 5 heures du matin, sans respite ni repas, ce qui a contribué à la tension. Pourtant, ce sont eux qui donnent les ordres, mais ils ne sont pas poursuivis dans ce procès.
Les policiers impliqués risquent jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende. La justice examine donc ces accusations dans un contexte sensible, où la responsabilité des commandants est aussi mise en question.



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