Victimes de Christian Nègre : l’enquête révèle 248 femmes abusées
Recensement des victimes et appel à témoignages
À ce jour, 248 femmes ont été identifiées comme ayant été victimes de Christian Nègre, un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture. Entre 2009 et 2018, il leur aurait fait absorber des produits diurétiques afin de les forcer à uriner en sa présence. La justice souhaite vérifier s’il existe d’autres victimes et envisage de clôturer l’enquête d’ici la fin de l’année 2026.
Dans un communiqué publié ce jeudi 5 février, la procureure de Paris, Laure Beccuau, invite toutes les victimes qui n’auraient pas encore été entendues à se manifester rapidement. Elle précise que les investigations devraient se clore d’ici la fin de l’année 2026.
Les faits reprochés à Christian Nègre
Christian Nègre est soupçonné d’avoir administré, selon un procédé bien rodé, des diurétiques à de nombreuses femmes lors d’entretiens. Pendant près de dix ans, il aurait forcé ces femmes à uriner devant lui, voire à s’uriner dessus. En 2018, il a été surpris en train de prendre en photo les jambes d’une sous-préfète lors d’une réunion. Lors de cette enquête, les policiers ont découvert un tableau intitulé « Expérience P. » dans lequel il consignait de nombreux détails sur ses entretiens, y compris l’heure d’administration des diurétiques et l’apparition de premiers symptômes.
Un dossier en cours et des victimes parties civiles
En octobre 2019, Christian Nègre a été mis en examen pour « administration de substances nuisibles », « violences par personne chargée de mission de service public », « atteintes à l’intimité » et « agressions sexuelles ». Il a été placé sous contrôle judiciaire. Les victimes attendent désormais un procès.
Parmi les 248 femmes recensées, au moins 180 ont décidé de se constituer parties civiles, indique le parquet de Paris. Si d’autres victimes n’ont pas encore été entendues, elles peuvent contacter rapidement l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP). Leur objectif est de recueillir ces témoignages d’ici la fin mars 2026, avec une nouvelle réunion d’information prévue au printemps pour les parties civiles.
Les réactions des victimes et des défenseurs
Alizée Lacroix, l’une des victimes, exprime des sentiments ambivalents quant à l’annonce de la justice. Elle souligne l’importance d’accélérer l’enquête tout en évitant de la bâcler, et dénonce un manque d’écoute de la part de la justice. Elle évoque aussi le retard dans la reconnaissance de son stress post-traumatique, malgré ses demandes répétées d’expertise médico-psychologique.
Me Louise Beriot, avocate de plusieurs victimes et porte-parole de la Fondation des femmes, critique la rapidité avec laquelle la justice invite les victimes à se signaler. Elle dénonce également la victimisation secondaire et le court délai laissé aux victimes pour agir, alors qu’un tel appel aurait pu être lancé plus tôt dans l’enquête. Elle déplore que le dossier, qui concerne une soumission chimique à grande échelle, soit traité avec peu d’attention, et accuse la justice de se moquer des victimes.



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