Policier agressé à Tourcoing : il brise le silence sur l’attaque violente dont il a ete victime

Un policier violemment agressé à Tourcoing revient sur l’incident

Un agent de la brigade anti-criminalité (BAC) de Tourcoing a été victime d’une agression violente le 11 septembre dernier. Cinq adolescents, depuis mis en examen, l’ont roué de coups lors d’une opération d’interpellation. Pour la première fois, le policier de 52 ans s’exprime sur cet incident auprès de RMC.

Grièvement blessé, il porte encore les traces de cette attaque. Il a le nez cassé, la pommette enfoncée, et reste en arrêt de travail. Il dénonce la brutalité de ses agresseurs, qui sont de plus en plus jeunes.

Les circonstances de l’agression

Louis, policier depuis 27 ans, se remémore cette scène qui l’a profondément marqué. Il raconte qu’il venait en aide à un adolescent dont la trottinette était volée par un groupe de jeunes. Lorsqu’il tente d’interpeller l’un d’eux, celui-ci est plaqué au sol. C’est alors que le reste du groupe se jette sur lui, le frappant violemment pendant une dizaine de secondes. Ce court laps de temps lui a laissé de lourdes séquelles.

Il explique avoir subi plusieurs blessures, notamment un nez déformé et des ligaments déchirés à l’épaule. Il doit subir une chirurgie et suivre une rééducation longue. La violence de l’attaque a également un impact psychologique important, et il confie avoir du mal à envisager son avenir professionnel.

Une jeunesse de plus en plus violente

Les agresseurs, âgés de 15 à 19 ans, sont aujourd’hui mis en examen. Le policier constate une violence croissante, nourrie selon lui par un sentiment d’impunité. Il souligne que ces jeunes sont proches en âge de devenir ses enfants.

Il déplore la perte de respect envers les forces de l’ordre. Selon lui, la prison ne fait plus peur aux jeunes, ce qui favorise une montée de la violence. Il témoigne que la société doit s’adapter face à cette nouvelle réalité, tout en craignant que cela ne conduise à des accidents graves.

Une haine anti-policiers grandissante

Louis ressent cette violence au quotidien dans son métier. Il évoque une fracture entre la police et une partie de la population, qui se manifeste par un mépris et une hostilité croissante. Selon lui, cette haine est aussi liée à un rejet plus large de l’État et de ses institutions.

Il affirme que la police est devenue le « défouloir de la France », une cible facile pour ceux qui souhaitent s’en prendre à l’État. Il ajoute qu’avant, les policiers étaient respectés, mais aujourd’hui, ils ne le sont plus. Il confie aussi que ses enfants ignorent en grande partie sa vie professionnelle, pour les protéger.

Des chiffres alarmants et un appel à la mobilisation

En 2024, plus de 6 000 policiers ont été victimes d’agressions physiques, soit en moyenne 17 par jour, selon le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre a augmenté de 13 % par rapport à l’année précédente.

Face à cette situation, les syndicats de police appellent à des rassemblements dans plusieurs villes, ce samedi 31 janvier, pour protester contre leurs conditions de travail et l’insécurité croissante.

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