Tragédie en Seine-et-Marne : Harcèlement scolaire en cause dans le suicide d’une lycéenne
Harcèlement scolaire, enquêtes ouvertes suite au suicide d’une lycéenne en Seine-et-Marne
Le parquet de Meaux a ouvert plusieurs enquêtes après le décès d’une adolescente, mardi, en Seine-et-Marne. La jeune fille, Camélia, 17 ans, s’est donnée la mort en gare de Mitry-Mory. Selon sa famille, elle était victime de harcèlement scolaire dans son lycée, mais l’établissement n’aurait pas effectué de signalement interne, contrairement aux protocoles en vigueur.
Camélia fréquentait le lycée Balzac de Mitry-Mory, au nord-est de Paris. Son décès a été confirmé par le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier. La famille affirme que la jeune fille était harcelée depuis décembre. Malgré la convocation des élèves impliqués, la situation ne s’était pas améliorée au début janvier.
Une adolescente victime de harcèlement
Selon le procureur, la famille a expliqué que Camélia avait été victime de harcèlement scolaire depuis plusieurs semaines. La situation n’aurait pas changé après la rentrée de janvier, malgré les actions prises par l’établissement. La jeune fille aurait été convoquée par le chef d’établissement le jour de son décès. Lors de cet entretien, elle aurait été renvoyée à sa propre responsabilité dans les faits.
Plusieurs enquêtes en cours
Le parquet a lancé deux investigations : la première pour déterminer les causes exactes du décès de Camélia, la seconde pour faire la lumière sur le harcèlement scolaire qui aurait conduit à son suicide. La peine encourue pour cette dernière infraction peut aller jusqu’à dix ans de prison.
Depuis la mort de la jeune fille, des menaces ont été proférées contre le personnel du lycée, notamment sur les réseaux sociaux. Des rassemblements ont également été organisés devant l’établissement, à l’initiative de la famille ou de tiers. Selon le procureur, certains élèves impliqués dans ces faits sont eux-mêmes victimes de harcèlement.
La gestion de l’établissement sous scrutiny
Une enquête administrative a été ordonnée par l’inspection générale de l’Éducation nationale pour examiner le déroulement des faits. Elle devra déterminer si l’établissement a bien réagi face au harcèlement dénoncé, et en tirer des conclusions. Selon l’académie de Créteil, Camélia avait évoqué ses difficultés avec le proviseur avant les vacances de Noël. Le dossier aurait été traité, mais la jeune fille s’était à nouveau plainte à la reprise des cours, notamment concernant les réseaux sociaux.
Les autorités expliquent que l’équipe de direction n’a pas effectué de signalement interne via la plateforme dédiée, ce qui aurait été contraire au protocole. Le dispositif Phare, censé lutter contre le harcèlement depuis 2023, n’était pas pleinement appliqué dans ce lycée, qui ne disposait pas d’une équipe spécialisée ou de référents en la matière.
Un rassemblement en mémoire de Camélia
Suite au drame, une cellule psychologique a été mise en place dans l’établissement. Le recteur de l’académie a publié un message de soutien, appelant à ne pas relayer de rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, et à respecter la mémoire de la jeune fille.
Ce jeudi matin, plusieurs centaines d’élèves se sont rassemblés devant le lycée en hommage à Camélia. La communauté éducative continue d’être mobilisée face à cette tragédie.



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