Enquête choc sur un manquement judiciaire de 2010 dans l’affaire Pelicot

Une enquête sur un possible manquement judiciaire datant de 2010

Le ministère de la Justice doit publier lundi un rapport d’inspection concernant d’éventuels dysfonctionnements dans la gestion de l’affaire Dominique Pelicot. Ce document vise notamment à comprendre pourquoi, en 2010, la justice n’avait pas exploité l’ADN retrouvé sur une scène de crime en lien avec l’accusé.

Les faits remontent à 2010

Dominique Pelicot, condamné en décembre 2024 à 20 ans de prison pour des viols, avait été arrêté dès 2010 dans un centre commercial de la région parisienne. Lors de cette arrestation, son ADN avait été prélevé et inscrit dans le FNAEG, le fichier national des empreintes génétiques. Quelques mois plus tard, cet ADN était relié à une tentative de viol datant de 1999 en Seine-et-Marne, impliquant une jeune femme nommée Marion.

Une information non exploitée

Malgré cette identification, l’information a été transmise en 2010 au parquet de Meaux, chargé de l’enquête sur la tentative de viol. Cependant, aucune recherche complémentaire n’a été lancée à l’époque. Cette défaillance pourrait avoir permis d’éviter au moins neuf ans de violences subies par une autre victime, Gisèle Pelicot, durant laquelle Dominique Pelicot aurait agressé plusieurs femmes.

Une inspection commandée par le ministre de la Justice

Face à ces incohérences, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a lancé en mai dernier une inspection générale de la justice (IGJ). Son objectif est de déterminer pourquoi aucune investigation n’a été engagée en 2010. Les résultats de cette enquête interne étaient attendus avant l’été, mais ne sont pas encore rendus publics en début d’année 2026.

Une publication prévue ce lundi

Le 9 janvier 2026, l’avocate de Marion, Me Florence Rault, a exprimé son mécontentement dans un courrier au garde des Sceaux, dénonçant l’absence de réponse depuis plus de sept mois. Selon elle, si le rapprochement des ADN avait été effectué dès 2010, cela aurait permis d’éviter la prescription de l’affaire de 1999 et aurait changé le cours de l’histoire.

Une réaction du gouvernement

Mardi, le ministre de la Justice a confirmé sur X que le rapport, qui doit établir s’il y a eu des dysfonctionnements, sera publié ce lundi. Il a précisé qu’il entendait faire toute la lumière sur cette affaire.

Me Florence Rault a également exprimé sa frustration, soulignant le manque de communication avec le ministère de la Justice, en particulier lorsque la presse demande des explications. La défense des victimes souhaite que ces questions soient enfin clarifiées.

*Le prénom de la victime a été modifié à sa demande.

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