Marché noir à Marseille : un homme jugé pour location d’une cave insalubre

Un marchand de sommeil jugé à Marseille pour la location d’une cave insalubre

Le tribunal de Marseille doit rendre son verdict ce mardi 6 janvier dans une affaire impliquant un homme de 67 ans, Christian Castel, poursuivi pour avoir loué une cave insalubre située près de la Canebière. La location s’est faite de mai à novembre 2024, en dépit d’un arrêté d’insalubrité interdisant toute location de ce type de logement.

Ce logement, une cave de 17 m², ne répondait pas aux normes minimales d’habitat. Il ne disposait pas de fenêtres ni de chauffage, et sa ventilation était insuffisante. Des traces importantes de moisissure étaient visibles dans la pièce principale et la salle d’eau. Le loyer s’élevait à 300 euros par mois.

Lors du procès, la partie civile a dénoncé un logement « que nul ne mérite ». La procureure Anne-Sophie Larrouy a résumé la situation : « Trois cents euros pour être finalement une bête dans un trou ». La victime est un jeune homme de 22 ans, travaillant dans la restauration, qui gagne 716 euros par mois. Depuis les faits, il a été relogé de façon définitive par la ville de Marseille.

Les accusations et la procédure

Christian Castel est poursuivi pour « soumission d’un locataire à des conditions de logement indignes » et « refus de reloger un occupant d’un logement insalubre ou dangereux ». Le parquet avait requis une peine de deux ans de prison, dont un ferme, ainsi qu’une amende de 20 000 euros. La société civile immobilière (SCI) du propriétaire devait également payer 40 000 euros d’amende. Par ailleurs, il aurait été demandé une interdiction d’acheter un bien immobilier et d’exercer la profession d’agent immobilier pendant cinq ans, ainsi que la confiscation de la cave louée.

Lors de l’audience, Christian Castel a quitté la salle avant que les réquisitions ne soient prononcées. Il était « angoissé » par le procès. Dans une lettre laissée à la fin de l’audience, il expliquait qu’il ignorait que la location de cette cave était interdite. Il affirmait avoir utilisé ce local comme bureau à l’origine, tout en reconnaissant la présence de moisissures, qu’il attribuait en partie au locataire. Il se disait également avoir aidé des personnes dans le besoin, précisant qu’il n’était pas un marchand de sommeil.

Ce cas n’est pas le premier dans la région : un autre homme avait été condamné à Marseille pour avoir soumis des personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes.

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